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- Pourquoi une si grande quantité d’électricité renouvelable est-elle gaspillée ?
- Quel est l’impact du réseau de transport sur ces pertes ?
- Où sont implantées les nouvelles capacités renouvelables ?
- Quelles solutions la Chine met-elle en œuvre pour fluidifier les échanges ?
- Quelles conséquences sur le charbon et la trajectoire de décarbonation ?
La Chine accélère ses projets d’électricité renouvelable à un rythme spectaculaire, mais son réseau de transport peine à absorber cette montée en puissance, ce qui provoque d’importantes pertes d’énergie et freine la décarbonation. Les chiffres récents montrent une contradiction flagrante entre des capacités installées records et une efficacité d’acheminement du courant qui laisse à désirer. Cet écart entre production et consommation soulève des questions techniques, géographiques et politiques auxquelles il faut répondre rapidement.
Pourquoi une si grande quantité d’électricité renouvelable est-elle gaspillée ?
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Sur les six premiers mois, la Chine a perdu l’équivalent de 360 TWh d’électricité, un chiffre fourni par le CREA et le GEM. Cette perte représente une augmentation de près de 50 % par rapport à la même période l’année précédente.
Ce gaspillage prive le pays d’une marge pour couvrir l’augmentation de la demande et limite les réductions possibles de l’utilisation du charbon. Les rapports montrent aussi que la croissance de la consommation électrique et les limitations du réseau se conjuguent pour aggraver la situation.
Quel est l’impact du réseau de transport sur ces pertes ?
Les infrastructures de transport ne suivent pas le déploiement massif des parcs solaires et éoliens, en particulier entre l’ouest producteur et l’est consommateur. Les goulets d’étranglement proviennent principalement des liaisons longue distance qui peinent à transférer l’énergie là où elle est nécessaire.

Vous remarquerez que des lignes HVDC de grande portée sont en construction pour pallier ces limites, mais leur déploiement reste insuffisant face au volume de production nouvellement installé. La tension entre rythme d’installation et capacité d’acheminement crée des périodes où la production reste non injectée.
Où sont implantées les nouvelles capacités renouvelables ?
Les zones de l’ouest et du nord‑ouest concentrent la majorité des nouveaux projets grâce à des conditions climatiques favorables. Des installations solaires d’envergure se sont développées près du désert de Gobi et au Tibet, tandis que de très grands projets hydroélectriques sont à l’étude dans ces régions.
Les industries lourdes et la majorité des centres de consommation résident et industriels demeurent sur la côte est. Cette dissociation géographique entre production et demande oblige à transporter l’électricité sur des milliers de kilomètres.
Quelles solutions la Chine met-elle en œuvre pour fluidifier les échanges ?
Les autorités misent sur plusieurs leviers pour réduire les pertes et améliorer la résilience du réseau. Des projets d’interconnexion à haute tension sont au premier plan, accompagnés d’initiatives pour renforcer le stockage et la gestion de la demande.
Lignes HVDC à très haute tension
La construction de lignes HVDC permet d’acheminer de grandes quantités d’électricité sur de longues distances avec des pertes relativement faibles. L’exemple de la liaison Changji‑Guquan, qui transporte 12 GW sur plus de 3 300 km, en illustre l’ambition.
Déploiement du stockage et technologies de flexibilité
Les batteries, le stockage par pompage et d’autres solutions de flexibilité montrent leur utilité pour absorber les excédents temporaires. Ces systèmes réduisent le curtailment mais nécessitent des investissements et du temps pour atteindre une capacité significative.

Politique industrielle et gestion de la demande
Des mesures pour rapprocher la consommation des zones productrices ou pour décaler la demande vers les périodes de forte production sont à l’étude. La coordination entre planification énergétique et décisions industrielles devient cruciale.
Quelles conséquences sur le charbon et la trajectoire de décarbonation ?
Malgré l’explosion des capacités renouvelables, la production à base de charbon a augmenté de 3,4 % sur la période récente. La congestion réseau a contribué à maintenir ou à relancer certaines centrales thermiques afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement.
Le rapport du CREA et du GEM souligne une dynamique paradoxale : pour chaque gigawatt de centrale thermique mis hors service, la Chine met en chantier environ 3 GW de nouvelle capacité thermique. Le pipeline de projets dépasse aujourd’hui 275 GW, ce qui complique la transition vers une électricité réellement bas carbone.
- Renforcer les interconnexions entre régions pour réduire les pertes.
- Accélérer le stockage et les solutions de flexibilité pour mieux exploiter les surplus.
- Adapter la planification industrielle afin de rapprocher consommation et production.












