Quels sont les trois projets d’hydrogène bas-carbone financés à 780 millions d’euros par l’État ?

Montrer le sommaire Cacher le sommaire

Le gouvernement a dévoilé les premiers lauréats du dispositif d’aide à la production d’hydrogène décarboné par électrolyse, marquant une étape concrète après plusieurs années de préparation. Trois projets ont obtenu un soutien significatif pour concevoir et déployer des électrolyseurs industriels, ce qui doit permettre d’accélérer la production d’hydrogène bas carbone en France tout en testant la viabilité économique du modèle. Les noms à retenir sont HydroZère, eM-Rhône et FertHySomme, qui se partageront une enveloppe publique majeure et représenteront une puissance installée notable.

Quels projets ont reçu le financement ?

HydroZère en Lozère

Le projet HydroZère d’Engie Solutions H2 prévoit l’installation d’un électrolyseur de 5 MW sur le site ArcelorMittal de Saint-Chély-d’Apcher. L’objectif consiste à substituer l’hydrogène issu du vaporeformage au profit d’un hydrogène plus propre pour alimenter les fours de recuit de l’aciériste.

eM-Rhône à Salaise-sur-Rhône

Porté par Elyse Energy, eM-Rhône voit 61,1 MW de sa capacité d’électrolyse de 210 MW soutenus. Cette portion du projet vise la production d’environ 50 000 tonnes par an de méthanol bas carbone destiné à l’industrie chimique plutôt qu’aux carburants de synthèse pour le transport.

FertHySomme dans la Somme

Le dossier FertHySomme de FertigHy obtient un appui pour 95,3 MW des 200 MW prévus, en vue d’alimenter une nouvelle unité d’engrais azotés à faible empreinte carbone dans la Somme.

Comment fonctionne le mécanisme de soutien de l’État ?

Le soutien annoncé consiste en aides réparties sur quinze ans et vise à compenser l’écart de coût entre l’hydrogène produit par électrolyse et l’hydrogène fossile. L’État souhaite ainsi réduire le risque commercial des premiers déploiements et encourager l’émergence de filières industrielles locales.

Ce dispositif remonte à la stratégie nationale hydrogène initiée en 2020 mais il n’a été activé réellement qu’à la fin de 2024. Après une phase de dialogue concurrentiel, dix projets ont été présélectionnés, six ont transmis une offre et finalement trois ont été retenus pour ce premier palier.

Pourquoi certains projets n’ont pas été retenus ?

Plusieurs candidatures n’ont pas franchi l’étape finale pour des raisons techniques, réglementaires ou de montage financier. Un cas emblématique reste celui de GravitHy, dont le projet de production de fer préréduit à Fos-sur-Mer reposait sur un électrolyseur de 720 MW et ne pouvait pas cumuler certains dispositifs d’aide disponibles pour les industries électro-intensives.

D’autres acteurs comme Verso Energy, Lhyfe ou H2V ont choisi de ne pas concourir puisque les usages orientés vers l’export ou les carburants pour le transport étaient exclus de cette première tranche. Plusieurs dossiers espèrent néanmoins un second tour ou d’autres mécanismes de soutien.

Quel impact pour l’industrie et la transition énergétique ?

Ces trois projets représentent un pas pratique vers la décarbonation des usages industriels lourds en substituant l’hydrogène produit par électrolyse à l’hydrogène fossile. Les applications vont de l’alimentation des hauts-fourneaux et des fours industriels à la production de méthanol bas carbone et d’engrais azotés.

La décision suscite toutefois des questions sur la soutenabilité économique et l’efficience des aides publiques. La Cour des comptes a déjà pointé les orientations passées et les choix de priorisation, et il reste à observer si le soutien permettra de réduire durablement les coûts d’électrolyse et d’assurer une compétitivité à long terme.

  • Avantages : réduction des émissions, sécurisation d’approvisionnements industriels, création d’écosystèmes locaux.
  • Risques : dépendance aux subventions, arbitrages d’usage de l’électricité renouvelable, besoin d’infrastructures de transport et stockage.

Donnez votre avis

Soyez le 1er à noter cet article
ou bien laissez un avis détaillé


Publiez un commentaire

Publier un commentaire