Pourquoi le coût du stockage profond Cigéo pour les déchets nucléaires augmente de 8 milliards ?

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Le projet Cigéo, destiné à stocker en profondeur les déchets les plus dangereux du parc nucléaire français, progresse malgré les débats. Les autorités viennent de publier une nouvelle estimation financière qui modifie sensiblement l’équation budgétaire. Cette révision affecte les provisions que doivent constituer les producteurs de déchets radioactifs et relance les questions sur le calendrier et les risques du chantier. Vous trouverez ici les principaux éléments à connaître sur le coût, la phase de construction initiale et les étapes administratives.

Quel montant représente aujourd’hui l’estimation du projet Cigéo ?

L’État a fixé une nouvelle référence financière pour Cigéo à 33,36 milliards d’euros. Ce chiffre dépasse de près de 8 milliards l’estimation antérieure et servira de base pour calculer les provisions obligatoires.

Andra avait déjà proposé une fourchette comprise entre 26 et 37 milliards en 2025. L’évolution du contexte économique explique en grande partie l’écart observé entre les évaluations.

Pourquoi le coût a-t-il augmenté ?

Plusieurs facteurs expliquent la hausse. L’évolution des paramètres économiques et les incertitudes d’un projet pluri‑séculaire jouent un rôle central.

Inflation et bases de calcul

La première estimation reposait sur des conditions économiques datant de 2012. La révision utilise des indices actualisés jusqu’en 2025, ce qui gonfle naturellement les montants.

Augmentation des postes de dépense

Andra a chiffré des hausses variables selon les postes, de l’ordre de 20 à 30 % pour certains éléments. Les coûts de construction initiale sont particulièrement concernés.

Durée du projet et incertitudes techniques

Le stockage doit rester opérationnel et sécurisé pendant plus d’un siècle et demi. Les prévisions portent sur la construction, l’exploitation et le démantèlement, ce qui multiplie les inconnues.

Que comprend la phase de construction initiale ?

La phase initiale a été évaluée à près de 9,74 milliards d’euros. Elle vise à préparer l’entrée en service et la réception des premiers colis radioactifs vers 2050.

  • Installations de surface pour la réception et le contrôle des colis.
  • Construction du bâtiment nucléaire destiné à préparer les colis avant leur acheminement.
  • Creusement de la descenderie, un double tunnel incliné permettant de descendre à 500 mètres.
  • Puits verticaux et systèmes de ventilation nécessaires pendant les travaux.
  • Creusement des premières alvéoles de stockage souterrain.

Ces travaux combinent ouvrages de surface et vastes travaux souterrains. La complexité technique et les contraintes de sûreté expliquent en partie la facture.

Qui devra financer ce surcoût selon le principe pollueur‑payeur ?

La charge financière devrait revenir aux producteurs des déchets. Les principaux concernés sont EDF, Orano et le CEA.

Les provisions obligatoires que ces acteurs doivent constituer seront recalculées à partir de la nouvelle référence. Cela implique des ajustements comptables et impactera la gestion financière des entreprises impliquées.

Quel est le calendrier prévu pour les autorisations et le démarrage des travaux ?

Le dossier a été jugé satisfaisant par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, ouvrant la voie à la phase d’instruction administrative suivante.

Une enquête publique est programmée à partir du 18 mai 2026 pour une durée d’environ un mois et demi. Le décret d’autorisation de création pourrait être signé par le Conseil d’État en 2027 ou 2028.

Si les étapes se déroulent sans retard majeur, le lancement effectif des travaux pourrait intervenir en 2028. Des aléas restent toutefois possibles, qu’ils tiennent à la technique, au droit ou à l’opinion publique.

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