Pourquoi la laine est-elle un matériau écoresponsable et durable ?

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Ce matin-là, l’atelier de Babette diffuse une atmosphère de bois chauffé et de laine fraîchement nettoyée, malgré l’air vif qui s’engouffre par les fenêtres anciennes. Elle travaille en jean et pull, les cheveux relevés, attentive aux gestes qui transforment une toison brute en surface textile harmonieuse. Le silence est ponctué du frottement de la laine sur le papier bulle et du cliquetis discret des outils, signes d’un travail artisanal consacré aux tentures en laine. Vous percevez rapidement que chaque pièce raconte une histoire de matière, de terroir et d’engagement durable.

Qui est Babette et quel est son univers créatif?

Artisane basée à Soest aux Pays-Bas, Babette Leertouwer conçoit des tentures sous la marque Halona qui évoque le cercle lumineux autour de la lune. Sa démarche s’enracine dans un amour des matières naturelles et une attention portée aux élevages locaux. Les pièces qu’elle imagine jouent souvent avec des formes rondes et des textures profondes.

Son atelier occupe une grange rénovée où les volumes aident à penser la mise en forme des tentures. Les lots de toisons attendent leur transformation sur une grande table centrale, suspendus entre l’état brut et la pièce finie. L’approche de Babette mêle précision technique et liberté artistique pour donner naissance à des œuvres singulières.

La créatrice privilégie une relation directe avec les bergers et le territoire. Cette proximité permet d’assurer la traçabilité de la matière première et de valoriser des cheptels souvent oubliés par la chaîne industrielle. Le choix de la toison locale s’inscrit ainsi dans une logique de qualité et de respect de l’animal.

Comment la laine devient-elle tenture?

Les toisons proviennent de bergers de la région et arrivent à l’atelier sous leur aspect naturel, parfois couvertes de poussière ou de brindilles. Babette nettoie ces toisons à l’eau chaude et au savon de Marseille, méthode douce qui préserve la fibre. Le lavage révèle souvent une surprise : une laine grise ou brune s’éclaircit après séchage et peignage.

Le processus de feutrage constitue l’étape centrale du façonnage. En frottant la laine de façon répétée, la créatrice densifie la fibre jusqu’à obtenir une surface homogène et malléable. La pression, le rythme et la direction du frottement influencent fortement l’aspect final et la finesse du tissu obtenu.

Le montage de la tenture varie selon l’effet recherché et les supports disponibles. Certaines pièces restent brutes et s’accrochent directement au mur, d’autres s’appuient sur un cadre en lin ou en bois et s’ornent de cordages ou de tressages. Le choix du support devient un élément de langage visuel qui complète la texture et la forme de la laine.

Quels matériaux et techniques sont utilisés?

Babette travaille exclusivement avec des matières naturelles et des gestes manuels. La laine de mouton constitue la base, accompagnée parfois de lin pour les supports ou de cordages pour les finitions. Les interventions sont volontairement simples afin de préserver l’authenticité de la fibre.

Les principaux outils et éléments présents à l’atelier :

  • Toisons locales récoltées chez les bergers de la région.
  • Savon de Marseille et eau chaude pour le nettoyage et le feutrage.
  • Cadres en bois, tissus en lin et cordages pour assembler les pièces.

Les tentures Halona sont-elles réellement écologiques?

L’atelier met en place des pratiques concrètes pour réduire l’empreinte écologique de la production. L’eau employée pour le feutrage est récupérée et utilisée afin d’arroser les plantes du lieu, ce qui limite les rejets. Les protections comme le papier bulle proviennent d’entreprises locales et servent sur plusieurs années avant d’être remplacées.

À travers Halona, Babette cherche aussi à défendre des filières courtes et respectueuses des animaux. Elle alerte sur les flux mondiaux de laine qui favorisent des procédés peu soucieux du bien-être animal et de l’environnement. Vous êtes encouragés à vérifier l’origine d’un lainage et la nature du support quand vous choisissez une pièce, notamment pour éviter les produits issus d’élevages intensifs.

Pour mieux comparer les approches, voici un tableau synthétique qui met en regard la production locale et l’industrie internationale.

Critère Production locale et artisanale Production industrielle
Traçabilité Élevages connus et lien direct avec le berger Chaînes longues avec peu de transparence
Respect animal Tonte courante, conditions surveillées Risques d’élevages intensifs et pratiques agressives
Impact carbone Distances courtes, faibles transports Importations lointaines et nombreux acheminements
Qualité matière Fibres souvent plus riches et durables Traitements chimiques et perte de caractère

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