PPE 3 : que prévoit le plan énergétique français jusqu’en 2035 ?

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La publication de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie marque un tournant stratégique pour la France, avec des cibles jusqu’en 2035 qui redessinent la carte de la production, de la consommation et des flexibilités. Le texte fédère relance du nucléaire, ajustements pour les renouvelables et ambitions de maîtrise de la consommation afin d’assurer la sécurité d’approvisionnement et la souveraineté énergétique. Vous trouverez ici une lecture claire des choix politiques, des chiffres clés et des implications pour les filières.

Que prévoit la PPE3 jusqu’en 2035?

La programmation fixe une trajectoire claire de réduction de la consommation finale d’énergie et d’augmentation de la part de l’électricité décarbonée. La consommation doit passer de 1 510 TWh en 2023 à 1 243 TWh en 2030 et la part de l’électricité viserait environ 34 % de la consommation finale.

Le document insiste sur la double nécessité d’investir dans la production et de stimuler la demande pour permettre la substitution des énergies fossiles importées. Flexibilités, stockage et modernisation des réseaux deviennent des priorités pour absorber des volumes électriques plus importants.

Quel avenir pour le nucléaire ?

Production cible et disponibilité des réacteurs

La PPE3 table sur une remontée de la production nucléaire vers 380–420 TWh en 2030 après un creux à 320 TWh en 2023. L’effort demandé à EDF porte autant sur la maintenance que sur l’augmentation de la disponibilité des unités existantes.

Construction et prolongation des installations

Le calendrier confirme la construction de six EPR2 avec une option pour huit supplémentaires, selon une décision attendue cette année. Des travaux sur des concepts de réacteurs innovants sont aussi mentionnés, en particulier les réacteurs à neutrons rapides.

Quel risque d’effet falaise ?

L’inquiétude majeure concerne l’horizon 2030–2040 et le risque d’un « effet falaise » si un nombre significatif de tranches arrive en fin de vie simultanément. La PPE3 anticipe des prolongations au-delà de 50 ans mais rappelle que le démantèlement finira par réduire la capacité disponible.

Que devient l’éolien terrestre et en mer ?

Éolien terrestre : quels rendez-vous ?

La filière terrestre perd en dynamisme avec un rythme d’appels d’offres limité à 800 MW par an à partir du premier semestre 2026. Le dispositif prévoit un bonus pour le repowering afin d’encourager le renouvellement des parcs existants.

Éolien en mer : relance des procédures

Les appels d’offres offshore 9 et 10 seront relancés « dès que possible » pour aboutir avant fin 2026. L’objectif pour l’AO10 se situe entre 8 et 10 GW mais le calendrier apparaît décalé par rapport aux ambitions antérieures.

Principaux enjeux pour la filière

Le manque de visibilité ces deux dernières années a fragilisé des acteurs et retardé des projets. La PPE3 offre un cap, mais la confiance des investisseurs dépendra désormais de la régularité des appels d’offres et des conditions de financement.

Quelles orientations pour le solaire jusqu’en 2028 puis après ?

Le photovoltaïque est plafonné à 2,9 GW par an jusqu’à fin 2028 via appels d’offres et arrêtés tarifaires, avec un lancement immédiat d’un appel d’offres de 300 MW pour le solaire sur bâtiments. Cette contrainte vise à maîtriser les volumes dans un contexte technique et économique exigeant.

Après 2028, la PPE3 prévoit une montée en cadence : deux appels d’offres annuels de 1 GW pour le solaire au sol et trois appels de 300 MW pour les toitures. La répartition indicative favorise les petites et moyennes toitures tout en conservant une part significative au sol.

L’hydroélectricité retrouve-t-elle du crédit ?

La PPE3 redonne une place importante à l’hydro avec un renforcement des capacités de STEP de 1,7 GW d’ici 2030, ce qui facilitera le stockage et la modulation offre-demande. Montézic II est cité comme projet susceptible d’être débloqué.

Les gains de puissance envisagés s’appuient majoritairement sur des installations existantes et sur des leviers réglementaires autour des concessions. En cumulé, la hausse ciblée se compose d’environ 1,1 GW répartis entre grandes et petites unités.

Le charbon est-il réellement écarté ?

La trajectoire vise une réduction importante des fossiles mais la PPE3 maintient certaines capacités charbon « sous cocon » pour assurer la sécurité d’approvisionnement en cas de tension extrême. Ces unités ne servent de dernier recours et restent mobilisables en situations exceptionnelles.

Les objectifs chiffrés à retenir

Pour synthétiser les points saillants de la PPE3, voici les cibles principales à garder en tête.

  • Consommation finale : passer à 1 243 TWh en 2030.
  • Part de l’électricité : augmenter de 27 % à environ 34 %.
  • Nucléaire : viser 380–420 TWh en 2030 et construire 6 EPR2 (8 en option).
  • Photovoltaïque : plafond à 2,9 GW/an jusqu’en 2028 puis montée en cadence.
  • STEP : +1,7 GW de capacités de pompage d’ici 2030.

Quelles technologies émergentes soutient la PPE3 ?

Hydrogène bas carbone quel calendrier ?

La programmation confirme l’objectif de 4,5 GW d’électrolyse installés en 2030 pour produire de l’hydrogène bas carbone et soutenir des usages industriels et énergétiques.

Géothermie et réseaux de chaleur

La PPE3 fixe des ambitions pour la géothermie de surface et profonde avec des objectifs chiffrés à 2030, ainsi qu’une montée en puissance des réseaux de chaleur pour accompagner la décarbonation des usages.

Hydrolien et autres filières marines

Un appel d’offres hydrolien de 250 MW est prévu au Raz Blanchard avec attribution d’ici 2030. La diversité des technologies retenues reflète une approche large visant à ne pas laisser d’options de côté.

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