SMR en Chine : lancement du premier mini-réacteur mondial prévu en 2026

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La Chine ne se limite pas au solaire et à l’éolien lorsqu’il s’agit d’énergie décarbonée, elle pousse aussi son expertise nucléaire vers des solutions compactes et modulaires. Sur l’île d’Hainan un chantier attire l’attention mondiale : la construction d’un petit réacteur modulaire terrestre qui pourrait redessiner la carte industrielle du secteur. Ce projet illustre la capacité d’industrialisation chinoise et soulève des questions sur la course aux SMR, leur sécurité et leur exportabilité.

Où en est la construction du prototype à Hainan ?

Le chantier piloté par la China National Nuclear Corporation avance depuis 2021 après une longue phase d’études et d’approbations. La première pierre a été posée en 2021 et le dôme du bâtiment a été installé l’année suivante.

Le réacteur connu sous les noms APC100 et Linglong One devrait entrer en phase de mise en service opérationnelle dans les mois à venir. Des retards modestes ont fait glisser la première divergence prévue fin 2025 d’environ six mois.

Quelles sont les caractéristiques techniques du Linglong One ?

Ce modèle repose sur une technologie d’eau pressurisée, classique mais adaptée à une échelle réduite. Sa puissance électrique nette atteint environ 100 MWe, ce qui le positionne comme un SMR de faible capacité mais adapté à de nombreux marchés.

Le chantier révèle l’ampleur industrielle du projet. Le dôme du réacteur pèse près de 550 tonnes et la logistique autour du montage a mobilisé d’importantes ressources humaines et matérielles.

Quels bénéfices le projet apporte-t-il à la Chine ?

La mise en service d’un SMR national offre plusieurs gains stratégiques et économiques pour la Chine. Vous y trouverez un renfort de souveraineté énergétique et une opportunité d’exporter une technologie éprouvée.

  • Renforcement de la chaîne industrielle et des compétences techniques.
  • Possibilité d’industrialiser la production et de réduire les coûts unitaires.
  • Création d’un produit exportable vers des pays cherchant une solution décarbonée et compacte.

La Chine peut-elle devenir leader mondial des SMR ?

La capacité à produire en série et à proposer des coûts compétitifs plaide en faveur d’une position dominante. Le pays a déjà montré cette stratégie avec le photovoltaïque et l’éolien offshore.

Si le prototype atteint ses objectifs techniques et réglementaires, la Chine disposera d’un avantage industriel considérable. De nombreux marchés émergents pourraient être séduits par un réacteur simple à déployer et soutenu par une chaîne d’approvisionnement robuste.

Quels risques et défis subsistent ?

La technologie elle-même n’est qu’une partie de l’équation. La sécurité, l’acceptation publique et la réglementation internationale demeurent des enjeux majeurs pour l’adoption des SMR.

La Chine a obtenu l’approbation de l’Agence internationale de l’énergie atomique dès 2016 pour ce design, mais il reste à prouver la fiabilité en exploitation prolongée. Les retards et la gestion des incidents éventuels pourraient freiner l’expansion commerciale.

Comment réagissent les autres grandes puissances nucléaires ?

Aux États-Unis aucun SMR comparable n’est encore en construction, malgré les annonces politiques et les financements publics destinés à accélérer le processus. Cette situation creuse l’écart entre les ambitions et la réalité industrielle.

Les acteurs européens et asiatiques observent également la progression chinoise et évaluent leur capacité à développer des offres concurrentes. Vous constaterez que la rapidité d’industrialisation joue un rôle clé dans le positionnement sur ce marché naissant.

Quels marchés pourraient accueillir des SMR chinois ?

Les petites îles, les régions éloignées et certains pays en développement représentent des cibles naturelles pour des SMR terrestres. Ces marchés cherchent des solutions fiables, modulables et moins coûteuses que des centrales traditionnelles.

Des clients industriels pourraient aussi être intéressés pour alimenter des sites isolés ou pour remplacer des unités fossiles. Le modèle chinois mise sur une offre packagée incluant construction, formation et maintenance.

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