Giorgio de Chirico (1888-1978)

Giorgio de Chirico (1888 – 1978), admiré par Guillaume Apollinaire, et par André Breton est considéré comme un artiste majeur du XXème siècle.
Mondialement connu pour certaines de ses oeuvres représentant ces fameuses scènes de places italiennes vides écrasées sous le soleil, de tours ou d’arcades aux perspectives oniriques, ses scènes de la mythologie, ses paysages, ses sujets orientalistes et ses autoportraits entremêlés d’oeuvres cubistes ou surréalistes, Giorgio de Chirico demeure finalement mal connu du grand public, en ayant toujours échappé à tout classement dans l’histoire de l’art moderne.

Né en Grèce à Volo en juillet 1888, il suit à partir de 1899 des cours de dessins à Athènes où ses parents viennent de s’installer, et s’initie au portait et à la peinture auprès de Jacobidis.
Son père décédé en 1905, amène sa mère à quitter la Grèce pour l’Italie. De son côté, le jeune Giorgio souhaite poursuivre ses études en Allemagne, et s’inscrit à l’Académie des Beaux-Arts de Munich. Il lit Nietzsche, Schopenhauer et découvre les peintres Arnold Böcklin et Max Klinger qui l’impressionnent considérablement. Il reste à Munich jusqu’en 1910 et y peint ses premières oeuvres connues inspirées de Böcklin.

Il retourne à Florence quelques mois, où il peint quelques nouveaux tableaux, sa série des ” Enigmes ” où apparaissent ses premières inspirations de style métaphysique. Dans ses Mémoires, il écrit : ” Je peignais de temps en temps des toiles de petites dimensions; ma période böcklinienne était terminée et j’avais commencé à peindre des sujets où je cherchais à exprimer ce sentiment mystérieux et puissant que j’avais découvert dans les livres de Nietzsche : la mélancolie des belles journées d’automne, l’après-midi dans les villes italiennes “

Il s’installe en juillet 1911 à Paris, où il rencontre en premier lieu Guillaume Apollinaire qui, dès 1913, l’introduit dans le milieu artistique parisien. Il fait la connaissance de Picasso, Derain, Max Jacob, Braque, Picabia, ainsi que Paul Guillaume, qui sera son premier marchand.
Au Salon d’Automne, puis au Salon des Indépendants de 1913, il présente plusieurs oeuvres et vend son premier tableau intitulé ” La Tour Rouge “.

Avec la guerre, Giorgio de Chirico doit retourner en Italie où il est appelé sous les drapeaux. Affecté à Carrare, il rencontre Filipo de Pisis et Carlo Carrà.
De ces rencontres, naît la “peinture métaphysique ” de Giorgio de Chirico, qui expose ses conceptions de l’art au travers la revue ” Valori Plastici”, laquelle sera le premier support théorique des peintres futuristes et dadaïstes italiens.

En 1919, il publie un ” Manifeste Métaphysique ” dans lequel il exprime qu’il existe une perception d’une réalité invisible derriére une réalité visible.
Cette même année, il a une nouvelle révélation après une visite au Musée de la Villa Borghèse: ” En regardant les tableaux des maîtres, je n’y avais vu jusqu’alors que ce que tout le monde voit : des images peintes “. Mais pour lui, c’est au delà qu’il faut aller, pour trouver l’essence de l’art : voir comme si nous y voyions pour la première fois, vivre cet instant comme si nous étions nous-même à la place de l’artiste en train de produire l’oeuvre que nous regardons.

L’onirisme, les dimensions métaphysiques et prophétiques, se répétent dans les années 20 dans son oeuvre laquelle insuffle d’immédiates résonances dans le mouvement surréaliste naissant, notamment chez Magritte, Max Ernst, Picabia et Paul Eluard. André Breton voit en lui l’artiste de la ” nouvelle mythologie moderne” en formation.

Ayant fait connaissance de Raïssa Gurievich, une danseuse russe qui deviendra sa femme, il s’installe de nouveau à Paris en 1925. Mais la nouvelle orientation que prend alors sa peinture, quittant insensiblement la voie métaphysique, et l’empreinte du surréalisme, le conduit à une rupture avec André Breton.

ll expose en 1927 et 1928 avec les artistes du Groupe Novecento en Italie, puis en Angleterre et aux Etats-Unis tandis que la critique s’intéresse davantage à son oeuvre tout en s’interrogeant sur son nouveau style.

En 1930, il réalise une série de lithographies pour illustrer les
” Calligrammes ” d’Apollinaire, réalise des décors et des costumes pour les Ballets Ruses de Diaghilev, et fait la rencontre de son deuxième épouse Isabella Pakszwer avec qui il vivra jusqu’à ses derniers jours.

Les années suivantes conduisent Giorgio de Chirico en Italie, aux Etats-Unis, à la fois pour des travaux en lien avec le théâtre, mais aussi pour des expositions, tandis que ses oeuvres s’orientent vers des compositions baroques inspirées de thèmes du XVIIème siècle.

En 1944, Giorgio de Chirico décide de s’installer définitivement à Rome. Mais c’est sa période ” métaphysique ” qui intéresse le public et la critique, davantage que ses dernières productions, ce, malgré toutes les expositions auxquelles il participe, comme la Biennale de Venise en 1948, dans laquelle il présente ses dernières oeuvres.

Jusque dans les années 1955 à 1960, ses expositions sont nombreuses. Mais il ne cesse de dénoncer les falsifications qui envahissent le marché de l’art. Il veut continuer à peindre en marge des tendances contemporaines, tout en reprenant de temps à autres les thèmes métaphysiques qui l’intéressent, mais en se refusant de s’inscrire dans un genre dans lequel on veut l’enfermer.

Les années qui suivent, sont consacrées à la sculpture, mais aussi aux décors pour le théâtre, avec différentes expositions en Italie, aux Etats-Unis, au Japon, en France, jusqu’à son décès le 20 novembre 1978, à Rome.

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