PARIS : Musée Eugène Delacroix " Delacroix en héritage " Du 11 Décembre 2013 au 17 mars 2014
En réunissant dans la magie sensible et intime du Musée Delacroix, ancien appartement et atelier du peintre, des chefs-d’oeuvre de la collection Étienne Moreau-Nélaton, un ensemble de dessins et de peintures rarement montrés, l’exposition « Delacroix en héritage » célèbre la fidélité de trois générations de grands collectionneurs à la personne et à la création d’Eugène Delacroix : Adolphe Moreau, Adolphe Moreau fils et Etienne Moreau-Nélaton... Suite sur Musée Eugène Delacroix >>>
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Ferdinand-Victor-Eugène Delacroix naît le 7 Floréal de l'an VII , soit en 1798 à Charenton Saint-Maurice, tout près de Paris, dun haut fonctionnaire de l'Etat, Charles Delacroix et dune mère dorigine allemande, parente de J.F. Oeben, lébéniste de Louis XV et de Louis XVI.
Or, au moment de sa naissance, il semble que son père malade depuis 1797 n'était pas en mesure de procréer, et il semble que l'on puisse attribuer sa paternité au Prince de Talleyrand, lhomme du concordat et du congrés de Vienne et grand séducteur qui protégea l'artiste au début de sa carrière. Talleyrand étant Premier Ministre, fut envoyé à létranger juste lannée de la naissance de lartiste.
Le père d'Eugène Delacroix meurt en 1806. Le petit garçon et sa mère sinstallent alors à Paris. Eugène y fréquente le Lycée Impérial ( aujourdhui Lycée Louis Le Grand ) où son talent pour le dessin s'exprime au grand jour.
Son oncle, le peintre H.F. Reisener, en 1815, le recommande à P.N. Guerin, qui est un ancien élève de David et un peintre académique de renom. Eugène Delacroix fait son apprentissage du dessin et de la peinture, et fait la connaissance dartistes talentueux tels que Géricault et Gros. Il se lie aussi damitié avec le peintre paysagiste Bonington qui le conduit à étudier la peinture de la nature.
Il fréquente les peintres mais aussi le Musée du Louvre où il copie les grands maîtres qu'il admire : Rubens, Velasquez, Rembrandt, Véronèse, partagé qu'il est déjà par dun côté, laspiration à la tradition et au classicisme, de lautre, par lintrospection et le besoin de chercher derrière les apparences et le réel. Ce conflit l'habitera toute sa vie sans jamais trouver résolution, mais il sera la source de ses oeuvres les plus modernes, et les plus significatives de par leur énergie libératrice et leur couleur.
En 1822, Delacroix fait sa première entrée dans le monde artistique de lépoque en exposant "Dante et Virgile aux Enfers", une oeuvre vigoureuse, à la composition ambitieuse et aux couleurs très travaillées, qui sera achetée malgré les critiques dont elle est lobjet, par lEtat. Deux ans plus tard, il peint "Le Massacre de Scio" dont la composition et lénergie sont plus puissantes encore, et dont lEtat se porte une nouvelle fois acquéreur, indifférent à la critique. Ces deux toiles concrétisent la polémique entre romantisme et classicisme, entre dessin et couleur, laquelle suivra le peintre toute sa vie et qui le mettra en opposition à Ingres.
En 1825, Delacroix décide de passer trois mois en Angleterre, séjour qu'il consacre à l'étude de Constable, le plus grand peintre paysagiste européen de lépoque, dont il cherche à capturer la technique qui donne du poids à latmosphre, et une vibration aux couleurs. Cest une période importante pour lartiste qui cherche à se concentrer davantage sur les couleurs, et sur ses effets physiques et psychologiques.
Loeuvre quil expose au salon de 1827,"La Mort de Sardanapale", est le fruit de ses recherches : tout en étant très colorée et traitée avec vigueur, elle demeure classique et d'une solennité académique, mais riche aussi d'une certaine complexité révélatrice de l'état psychologique dans lequel se trouve Delacroix derrière les apparences de la vie mondaine. En apparence, tout va bien : lartiste fréquente les salons littéraires parisiens, et rencontre Stendhal, Mérimée, Victor Hugo, Alexandre Dumas. Passionné aussi de musique, il voit aussi Paganini et Frédéric Chopin, dont il fera deux portraits très pénétrants et se fait la compagnie d' écrivains et de poètes comme Théophile Gautier ou Baudelaire qu'il préfère à celle des peintres.
La peinture est pour lui une passion : dans son journal qu'il a commencé en 1822, interrompu quelques années, puis qu'il reprend en 1847 jusqu' à sa mort -, il sinterroge sur lart et les artistes, il compare les oeuvres du passé pour en saisir leurs correspondances et leurs différences, et pour en pénétrer leur mystère ou leur grandeur.
ll exprime le besoin de trouver des indications pour comprendre sa propre peinture, pour l'expliquer et en trouver les règles, et en chercher encore le sens du naturel et la magie des couleurs. "Il y a un homme qui fait le clair sans contraste violent, qui fait le plein air quon a toujours réputé impossible, disait-il, cest Paul Véronése. A mon avis, il est probablement le seul qui ait surpris le secret de la nature. Sans imiter précisément sa manière, on peut passer par beaucoup de chemins sur lesquels il a posé de véritables flambeaux" .
C'est en 1832 qu'il décide de faire un long voyage au Maroc et en Algérie : il découvre la magnificence de la lumière et de la couleur dans les paysages, mais aussi des gens différents, plus simples, et plus authentiques. Il y découvre aussi la sensualité et le mystère des intérieurs, dont le tableau "Les Femmes d'Alger dans leur appartement" retranscrit en 1834 des sensations intenses qui dès lors, alimenteront beaucoup son oeuvre tout le reste de sa vie.Ces nouvelles découvertes ne lui suffisent pas pour autant. Delacroix ne se veut pas révolutionner lart, et ne veut pas sabîmer dans ses visions intérieures : il veut peindre pour les autres, innover, mais aussi faire carrière sans se trahir.
A son retour du Maroc, il se consacre entre 1838 et 1847 à une commande publique qui est celle de décorer le Salon du Roi du Palais-Bourbon et qui lui permet daffronter de vastes surfaces et de renouer avec la tradition de la décoration baroque, comme celle de Rubens. Mais à côté, il continue à peintre des portraits et diverses toiles orientales. Il travaille à la décoration du Palais du Luxembourg entre 1840 et 1846, mais aussi à celle du plafond central de la Galerie dApollon au Louvre ou à la Chapelle des Saints Anges de Saint-Sulpice.
A son amie George Sand, il dit : "Nous travaillerons jusqu'à lagonie : que faire dautre au monde, à moins de se saouler, quand vient le moment où la réalité nest plus à la hauteur du rêve ?" .
Delacroix mène une double vie : celle d'une vie dans les salons, avec les belles dames, et les hommes cultivés de l'époque, en aspirant à l'Acadmie, et celle d'une vie cachée montrant en réalité un homme sans espérance et secret qui ne parvientà délivrer ses tourments et ses désirs que dans la peinture.
Cest lhomme qui écrit dans son journal : "Lhomme porte dans son âme des sentiments innés qui ne seront jamais satisfaits par les objets réels, et cest à de tels sentiments que limagination du poète et du peintre donnera forme et vie."
Delacroix était aussi un homme de passion, et cherchait les moyens dexprimer cette passion de la manière la plus visible. Ce fut une vie plutôt d'apparence tranquille que mena Eugène Delacroix, rythmée par les évènements extérieurs, mais parsemée de beaucoup de zones dombre, dont il ne parlera jamais, même dans le journal quil aura tenu pourtant une grande partie de sa vie. L'origine de sa naissance, et les raisons de croire que son père légal ne fut pas son géniteur, fut sans doute la cause de ce caractère double et complexe, dans lequel Eugène Delacroix trouva les signes de son génie et de son talent. Baudelaire lui reconnaissait son admiration, et le considérait comme le plus grand peintre du siècle de par le mélange de tradition classique et de ferveur romantique, de certitudes et de contradictions qu'il mettait dans son oeuvre.
Lorsquil meurt, le 13 août 1863, d'une longue maladie qui lui rongeait la gorge, le milieu académique lui demeure encore hostile, mais les jeunes peintres reconnaissent en lui le vrai maître de son temps, et en lui un génie authentique.
AUGUSTIN FERRANDO / par Patrick-Gilles Persin / Ed. Art InProgress / Album Arts / 160 pages / photos et illustrations couleurs / Format 24,5 x 27 cm / Relié sous couverture illustrée /Prix : 45,00 Euros
Augustin Ferrando, peintre orientaliste considéré comme le peintre " fauve " de l'Algérie, fut chez Cormon Paris, le camarade d'ateler de Friesz et de Matisse. Il cotoya également Derain, Vlaminck, Léger et Utrillo. " Au fil du temps, et jusqu'au soir de sa vie, son style et se technique picturale évoluent singulièrement, étonnamment, continuellement. Ainsi au plan de sa pratique habituelle, est-il bon de souligner qu'il utilise toujours comme support de son oeuvre d'abord la toile, puis le carton auquel succède le contreplaqué et il finit son parcours en peignant sur de l'isorel. Bien sûr, quelques toiles jalonnent encore son parcours. Mais il n'en reste pas moins que c'est là une chose tout à fait extraordinaie, un cas de figure vraisemblalement unique ". Patrick-Gilles Persin
CLAUDE LAZAR par Francis Parent - Préface Philippe Djian / Ed. Art In Progress
/ Album Arts / 240 pages / 200 illustrations couleurs / Format 25 x 29 cm / Broché /Prix : 45,00 Euros
Cet ouvrage constitue la première monographie consacrée à Claude Lazar, Avec 20 ans de peinture et son aventure américaine... " Je ne sais si Claude Lazar parle d'avant ou d'après, à la réflexion si l'on doit voir dans son travail l'imminence de l'occupation ou la trace d'un passage. En tout cas, les particules de poussière demeurent en suspension, tourbillonnant sur elles-même... " Philippe Djian
PIERRE CESAR LAGAGE- Peintures 1946-1972 - de Patrick Gilles Persin / Ed. Art In Progress / Album Arts / 144 pages / 115 illustrations couleurs / Format 25 x 27 cm / Broché /Prix : 38,00 Euros
Homme du Nord, Pierre-César Lagage est né àCroix, en 1911. Il meurt à Seclin en 1977. Après avoir étudié aux Beaux Arts de Roubaix, il s'installe à Montmartre. Depuis 1932, il expose réguliérement à Lille, Paris, Bruxelles, Copenhague, Zurich, Los Angeles, mais aussi en Pologne et en Suède. Il reçoit le très prestigieux Prix Lissone en 1957. Les musées de Roubaix, du Cateau-Cambresis et du Touquet, entre autres, lui ont consacré de grandes expositions. Peintre de son temps, doté d'une solide connaissance technique, et d'abord figuratif réaliste, attaché aux lumières du Nord et de la Baie de Somme, Lagage aborde dès 1949, une peinture abstraite très colorée, géomtrique, puis gestuelle en 1954. Sensible, son oeuvre s'achève avec des compositions plus végétales proches des écorces.