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 Félix Vallotton et Gabrielle
en 1911 à Honfleur © Archives Vallotton-Lausanne

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Félix Vallotton
" Coquetterie "
1911
Huile sur toile 99 x 116 cm
© Galerie Vallotton - Lausanne

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Félix Vallotton
" Autoportrait à la robe de chambre "
1914
Huile sur toile 81 x 65 cm
© Musée des Beaux Arts - Lausanne
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Félix Vallotton (1865-1925) est un artiste unique qui, bien que proche des nabis, garde sa vie durant un style à la fois très personnel et résolument moderne. Reconnaissables entre toutes, ses toiles se distinguent par des couleurs raffinées et un dessin précis découpant la forme qu'il met également au service de la gravure. Cette exposition est organisée par le Musée dOrsay et la Réunion des Musées Nationaux-Grand Palais en co-organisation avec le Van Gogh Museum d' Amsterdam, le Mitsubishi Ichigokan Museum de Tokyo et Nikkei Inc.. Elle bénficie du soutien exceptionnel de la Bibliothèque Nationale de France, des Musées dArt et d'Histoire de Genève et du Musée Cantonal des Beaux-Arts de Lausanne. L' exposition est réalisée grâce au soutien de la Maison Bucherer et d'Eiffage Travaux Publics. Avec la participation de Pro Helvetia, Fondation suisse pour la culture.
(RMN)
Félix Edouard Vallotton naît le 28 décembre 1865 à Lausanne où son père Adrien Vallotton tient une droguerie. Paul Vallotton son frère est né en 1864, lequel deviendra plus tard marchand d'art. Sa soeur Hélène naît en 1867.
Quand il a dix ans, Félix Edouard entre au collége classique cantonal de Lausanne, et suit des études tout à fait honorables jusqu'en 1882, date laquelle il obtient son baccalauréat en latin-grec, tout en manifestant déjà son goût pour les arts et la peinture.
Il part à Paris suivre les cours de l'Académie Julian, où il est rapidement remarqué par Jules Lefèvre et Gustave Boulanger. Il passe le concours d'entrée à l'Ecole des Beaux Arts, où il est reçu 4ème sur 70, en mars 1883. Tout en restant chez Julian à Paris, il revient régulièrement en Suisse pour les vacances.
Il fait la connaissance d'artistes suisses, tels que Biler, Reichlen, Gaulis, Blancpain, et se noue d'amitié avec Charles Maurin et le graveur Félix Jasinski.
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Il se passionne en effet pour le portrait. En 1887, il présente son " Portrait de Jasinski tenant son chapeau" au Salon des Artistes Français, lequel tableau déplaît fortement à son professeur Jules Lefèvre, en raison d'une certaine liberté qu'il prend dans cette toile par rapport à l'académisme qu'on lui a enseigné.
Les difficultés financières apparaissent, mais il décide cependant de quitter l'Académie Julian, et il déménage Rue de Vaugirard à Paris durant l'été 1888.
Il retourne de temps à autre en Suisse, dans le pays de Vaud, en particulier, où il peint des paysages, tel ses vues sur le port de Pully, tandis qu' à Paris, il s'intéresse à la gravure et réalise des eaux-fortes en s'inspirant de Rembrandt et de Millet.
De retour à Paris, au Printemps 1891, il se consacre à ses premiers travaux de gravures sur bois, et présente 10 de ses tableaux au Salon des Indpendants où il expose pour la première fois. Il est alors admis dans le groupe des Nabis, auprès de Vuillard, Bonnard, et Sérusier.
Il poursuit en 1892 ses activités de gravure et de xylographie, tandis qu'un article dans la revue "L'Art et l'Idée", fait ses éloges en février 1892, de ses travaux de gravures.
En Mars il participe avec 4 gravures au Salon des Roses-Croix avec les Nabis et reçoit les encouragements de Félix Jasinski, son ami graveur. Il achève de peindre une toile commencée quelque temps plus tôt "La Malade", qui constitue un chef d'oeuvre de virtuosité, de détail et de tradition.
Il vit de ses gravures, de ses illustrations pour la presse ou l'édition, mais aussi de portraits de commande. En juillet, il séjourne à Ballancourt avec Hélène Chatenay, dont il a fait connaissance environ une an plus tôt.
Durant l'année 1893, il multiplie son activité : il peint "Le Bain au Soir d'Eté ", qui est présenté au Salon des Indpendants où il fait sensation. Vallotton abandonne en effet la peinture descriptive qui était la sienne jusqu'alors, au profit d'une peinture à la figuration synthétique issue de ses travaux de gravure, qu'il poursuit ainsi que, la lithographie.
Un oeuvre telle que " Femme au bain se coiffant", peinte quelque temps après en 1895, confirme ce tournant dans l'évolution du peintre. Il découvre aussi le dessin de mode avec Mme de Broutelles, et confectionne l'affiche " La Pépinière", tandis qu'il fait une nouvelle exposition avec les Nabis chez Le Barc de Boutteville.
L'année 1894, est elle aussi très riche en activités pour Flix Vallotton, car il rédige quelques articles pour des revues telles que "Le Courrier Français", "La Revue Blanche", "Le Rire", travaille àun projet de vitrail, et expose des gravures sur bois à Genève et Yverdon, et des peintures à l'exposition de "la Dépêche de Toulouse ", tandis qu'il séjourne à l'Ile d'Olron où il peint des paysages.
Son activité devient de plus en plus diversifiée : en exposant au Salon de la Libre Esthétique à Bruxelles et Neufchtel en 1895, il réalise de nombreuses illustrations pour diffrents journaux tels que "Pan" à Berlin et "Jugend" à Munich, et devient Directeur Artistique de la Revue Franco Américaine du Prince Poniatowski. Il réalise aussi des illustrations pour le livre d'Octave Ozanne intitulé "Rassemblements".
En 1896, il fait la connaissance de sa future femme Gabrielle Rodrigues-Henriques. Il séjourne en Bretagne, puis en Suisse, tandis que le Musée des Beaux Arts de Lausanne fait l'acquisition de son "Autoportrait" de 1885.
En 1897, Félix Vallotton expose une nouvelle fois avec les Nabis à la Galerie Vollard Paris, tandis que Vuillard lui fait cadeau de sa toile intitulée" Grand Intérieur". Il poursuit la peinture de portraits et de paysages lors de diffrents séjours dans l'Yonne, en Bretagne, et en Vendée en 1898, et commence une période pendant laquelle il peint une série de tableaux d'intérieur, dont "Le Mensonge".
Après une nouvelle exposition en mars avec les Nabis chez Durand Ruel où il présente 6 toiles, en mai 1899, il épouse Gabrielle Rodrigues-Henriques, ce qui le sépare d'Hélène Chatenay et de plusieurs de ses amis. Il séjourne de nouveau à Lausanne, puis à Etretat où il réalise des peintures de bains de mer et des intérieurs.
En 1900, il se fait naturaliser français. Les expositions se poursuivent : après la Sécession de Vienne, il fait la Centennale de l'Art Français de l'Exposition Universelle de Paris, puis la Sécession de Berlin, et séjourne à Lausanne où il peint à nouveau différents paysages.
ll voyage dans le midi de la France en janvier 1901 dans la région de Cannes, et fait une nouvelle exposition au Salon des Indépendants avec des vues de Marseille, de Nice et de Paris, mais participe aussi une exposition de groupe Zurich au Kunstlerhauss.
Durant l'année 1902, il découvre Honfleur et sa région où il peint des paysages, des intérieurs et des portraits. Il se déplace aussi en Bretagne à Locquirec, et expose une dizaine de tableaux chez Berheim-Jeune, mais encore au Salon des Indpendants où il présente cette fois des portraits décoratifs.
Lors de sa nouvelle exposition à la Sécession de Vienne en Autriche, où il présente une dizaine de peintures en janvier 1903, il reçoit les félicitations de Gustav Klimt et de Hodler.
Félix Vallotton expose encore cette même année au premier Salon d'Automne, dont il est membre fondateur. Les années 1904, 1905 et 1906 sont consacrées à des peintures d'intérieur et sont partagées entre les diffrentes expositions en particulier en Allemagne, et ses voyages en Belgique et Hollande, avec des liens d'amitiés qu'il noue avec Manguin, Marquet, Gurin et Laprade.
L'année 1908, il participe à différentes expositions dont la Sécession Munich, et à l'exposition de la Toison d'Or à Moscou, au cours desquelles plusieurs de ses toiles sont achetées, en particulier par le collectionneur Arthur Hahnloser et sa femme lesquel décident de diffuser son oeuvre en Suisse.
En 1909, il participe à la Fondation de l'Académie Ranson, avec Vuillard, Bonnard, Denis et Roussel, tandis qu' à Zurich, le Kunstlerhauss organise la première exposition qui lui est totalement consacrée. Celle-ci est suivie par une autre exposition personnelle de 49 tableaux à la Galerie Druet à Paris, qui devient son marchand attitré, en 1910, tandis que se multiplient les expositions à Munich, Prague, Stockholm, Londres et Zurich.
En 1912, une nouvelle exposition est organisée par la Galerie Druet, tandis qu'il envoie encore 6 tableaux à la Centennale de l'Art Français de St Petersbourg, et 43 tableaux à l'exposition d'Art Français qui se tient au Kunsthaus de Zurich en janvier 1913.
En mars 1914, Paul Vallotton, frère du peintre ouvre une Galerie à Lausanne, et lui consacre une nouvelle exposition personnelle, tandis que la Galerie Druet, présente de nouveau une quarantaine de toiles.
L'été 1914, Félix Vallotton est à Honfleur, lorsque se déclare la guerre. Il cherche à s'engager volontaire, mais il est refusé en raison de son âge. Les ventes de tableaux diminuent et les difficults financières apparaissent. La guerre lui inspire en 1915 différents tableaux dont " Le Crime Chatié", "1914", ou encore "C'est la guerre", et ne cache pas son opinion pour une victoire française.
En 1917, il visite le front qui lui inspire une série de paysages de guerre. Il reprend ensuite durant l'année 1919, différents voyages, en Suisse dans le Valais, et en Bretagne, tandis qu'une nouvelle exposition chez Druet est organisée, suivie d'une autre à Lausanne, chez Berheim-Jeune. Courant 1920, tandis qu'il séjourne Avignon les expositions se multiplient.
Après son succès au Salon d'Automne, il séjourne à Cagnes sur Mer pendant l'hiver 1920, et entreprend différents voyages au travers les régions de France jusqu'en 1924, tout en continuant de peindre alors que la maladie le gagne.
Les expositions se poursuivent durant ces années chez Druet, au Salon d'Automne et au nouveau Salon des Tuileries de Paris en 1925.
Cette année là, il est hospitalisé en novembre, pour y subir une opération. Félix Vallotton meurt des suites de cette intervention. Il venait d'avoir 60 ans.
Le Monde des Arts >>> Voir aussi : article Felix Vallotton
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