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Peter Klasen propose dans cette exposition un voyage "initiatique" au travers un univers rempli de ses obsessions et de ses angoisses face à l'urbanisation du monde, et face à l'évolution de lindustrie, à ses mécanismes, à ses rouages, à ses engrenages, et à l'enfermement humain. Au travers ses photos et ses compositions, il entraîne le visiteur à Los Angeles, à La Havane, et dans bien d'autres jusqu'à Dunkerque, dans ces villes portuaires où lartiste est allé à la recherche des usines, des machines, des engins de chantier, des architectures métalliques ou de bétons,
Sur de grands tirages photographiques, et ses compositions retravaillées, ces villes et ces machines se révèlent dans leurs manifestations écrasantes : à la fois complexes et tentaculaires, bruyantes et omniprésentes, angoissantes de grisaille en même temps qu' éclatantes de couleurs.
Peter Klasen est un peintre de l'urbanité bétonnée et métallique, un artiste de la froide objectivité de nos villes inhumaines, un photographe au regard réaliste dont l'objet est de témoigner dune réalité ordinaire, inscrite dans un temps présent où les techniques, les machines, les technologies, les industries règnent sur le monde humain de manière totale et inflexible, comme dans un univers totalement mécanisé et dépourvu du hasard.
C'est au début des années 80 que Peter Klasen arpente les sites industriels et portuaires, dont Dunkerque, où il découvre les zones industrielles en marge de la ville. Ces lieux exercent sur lui une véritable fascination qui le conduisent à visiter le monde, à la recherche de ces lieux proches d'une certaine vision carcérale de la ville.
Il reviendra à plusieurs reprises à Dunkerque pour des photographies dans les années 1980 et 1990, puis plus récemment en 2008 et 2009, pour enregistrer, constater, et témoigner de l'envahissement des machines et des constructions techniques dans la construction urbaine.
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Peter Klasen
Le Mur de Berlin -1987
© P.K.
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Ainsi dans cette exposition, les photographies sont les supports dune série dimmenses compositions dans lesquelles, les fragments d'images de corps féminins, issues de photos de magazines, s'imbriquent sur des arrières plans où se juxtaposent des murs d'usines, des engins et des architectures .
" Il y a un fil conducteur dans tout mon travail, confiait-il dernièrement, la solitude, l'angoisse. C'est ce que je ressens dans cette société qui finalement nous rend malades. C'est en tant que peintre, avec mes images, que j'essaie de me libérer "...
Peter Klasen prend des photographies de toutes ces zones cachées de nos villes, pour en faire le point de départ des son travail de peintre. Il accompagne un phénomène qui est celui de la domination grandissante de l'image ou du spectaculaire dans la vie sociale, pour mieux nous en montrer sa perversité, et tenter d'en déjouer les pièges. Lieu d'Art et Action Contemporaine - Dunkerque
Voir également l'exposition " Peter Klasen - Rétrospective : 1959 -2009 " - Le Tri Postal - Lille
( LMDA)
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