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Dans la lignée de ses grandes expositions consacrées au patrimoine, lEnsemble Conventuel des Jacobins de Toulouse, en collaboration avec le Musée de Normandie de Caen, invite à découvrir trois siècles de trésors de Haute et Basse-Normandie, pour la première fois réunis, et qui disent létonnante vitalité de la production artistique de cette région du XIIIème au XVème siècle.
Dans une parfaite cohérence despace et de temps, ces sculptures et ces pièces dorfèvrerie du Moyen Age ne pouvaient trouver sous les voûtes du Réfectoire des Jacobins, plus bel écrin. En effet, l'Ensemble Conventuel des Jacobins de Toulouse demeure, à ce jour, un magnifique exemple, entièrement réalisé en briques, de construction monastique des XIIIème et XIVème siècles, ce qui en fait le véritable joyau de l'art gothique languedocien.
A Toulouse, lexposition souvre par Marie Madeleine, vêtue de sa seule chevelure. Ce chef dSeuvre de la Collégiale dEcouis, bien que reconnu en létat actuel des recherches comme Marie Madeleine, pourrait aussi évoquer la légende de Marie lEgyptienne dont le culte sétait répandu en Occident.
Dans un parcours volontairement chronologique, les neufs apôtres du Collège Apostolique de Saint-Pierre de Jumièges, véritables "colonnes vivantes", sont associés aux pièces dorfèvrerie qui laissent entrevoir la richesse des décors des églises et des cathédrales dalors, comme la châsse des reliques de Saint Taurin, réalisée vers 1240, en argent et cuivre doré, sertie démaux et conservée à Evreux.
Puis, véritablement unique, une "Mise au Tombeau" dont la composition traduit avec intensité le sentiment de douleur de chacun des sept personnages qui vivent cet épisode de la Passion du Christ. Par sa qualité exceptionnelle, cet ensemble sculpté nest pas sans rappeler celui de Monesties dans le Tarn.
A la fin du Moyen Age, le culte des saints se multiplie et, ici, pour représenter cette ferveur, les saints vénérés dans nombre de régions de France - Saint Pierre, Saint Jacques, Saint Denis - côtoient les saints les plus populaires en Normandie tels Sainte Barbe, toujours adossée à sa tour, ou Saint Clair, invoqué pour les affections oculaires.
Enfin, pour parfaire son cheminement, le visiteur est accompagné de Vierges à lEnfant - pour lessentiel en pierre polychrome - miraculeusement parvenues jusquà nous, et dont les visages sont empreints de douceur et de sérénité.
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Huit anges musiciens
Deux panneaux de vitrail
Vers 1320-1330
Dives-sur-Mer (Calvados)
© Inventaire général du patrimoine culturel de Basse Normandie/ P.Corbierre
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A noter par sa rareté, une superbe série de vitraux. La peinture sur verre de Dives-sur-Mer qui présente des anges musiciens fait écho, dans un heureux parallèle, aux superbes peintures murales de la Chapelle Saint Antonin qui jouxte le Réfectoire des Jacobins où, sur un fond de bleu orné de fleurs de lys blanches, des anges jouent de la viole, de la cornemuse, de la harpe et du psaltérion.
Par ailleurs, dans lexposition, deux statues de rois musiciens soulignent aussi quà cette époque au nord comme au sud de la France, trouvères d'Oïl ou troubadours d'Oc, poètes et musiciens apportent à l'Europe le culte de la femme et de la Vierge, l'amour courtois et l'idéalisme chevaleresque.
Cette exposition peut saffirmer comme léclatante démonstration du foisonnement créatif normand de la période gothique qui na rien à envier à celui de Toulouse et sa région
Ensemble Conventuel des Jacobins
(LMDA) ( Avec nos remerciements à Suzanne Manheimer - Agence Kom)
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