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Olivier Debré :
" Etude pour le rideau de l'Opéra de Shangaï "
Lithographie - © Coll. part. © ADAGP
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Le Musée des Beaux Arts d'Angers présente la première grande rétrospective consacrée à Olivier Debré ( 1920 -1999 ) depuis sa mort survenue en 1999. Cette exposition réunit dans un ensemble chronologique des tableaux de grands formats et des dessins réalisés entre 1945 et 1956.
Dans la salle d'exposition temporaire, une trentaine de tableaux de moyens et grands formats, met l'acccent sur le travail de l'artiste dans le temps et l'espace, et 24 dessins exposés dans le Cabinet d'Arts Graphiques permettent de comprendre comment dès ses débuts, Olivier Debré a mis en place une plasticité monumentale de l'espace et dans l'espace, l'amenant quelques années plus tard à la réalisation de grands formats.
Considéré comme l'un des représentants majeurs de l'abstraction, au même titre que Poliakoff, Hartung, Soulages, ou Nicolas de Staël, Olivier Debré adopte une technique de peinture basée sur la construction par plans de couleurs appliqués tantôt de façon lisse, tantôt de façon plus brute en laissant des empâtements sur ses tableaux. Peintre abstrait en étroite connexion avec la nature, ses oeuvres, souvent inspirées par des lieux et des phénomènes naturels
( tempête, typhon, rivière, tout particulièrement de la Loire), tentent de matérialiser des sensations, des atmosphères. En éliminant toute représentation du réel, la couleur, qui possède par elle-même toute une force évocatrice, devient langage.
"Je me défends d'être un paysagiste, disait-il . Je traduis l'émotion qui est en moi devant le paysage ... Ce n'est pas ma volonté qui intervient mais l'émotion qui domine. Je ne suis sincère que dans le choc, l'élan " .
Dès son plus jeune âge, Olivier Debré commence à peindre, dessiner et sculpter. Vers l'âge de 14 ans, il est naturellement influencé par les paysages impressionnistes de son grand-père, le peintre Edouard Debat-Ponsan (1847-1913).
En 1938, reçu à l'Ecole des Beaux -Arts, il intégre l'atelier d'architecture dirigé par son oncle et fréquente celui de Le Corbusier. En 1941, il rencontre Picasso qui aura une influence décisive sur lui. Il cherches désormais à exprimer son émotion sans passer par la réprésentation. Le signe lui apparaît ainsi comme l'incarnation de l'émotion et de la pensée. Tout en étant abstrait, il considère que le signe ne signifie pas autre chose que la réalité. En 1949, il présente à la Galerie Bing sa première exposition personnelle composée de toiles colorées et expressives.
Autour de 1950, Olivier Debré privilégie la matière et les couleurs sourdes. Toujours porté par l'idée du signe comme représentation de la pensée, il peint la série des " signes-personnages". Bien que cette série soit le fruit d'une recherche propre, l'utilisation du couteau en aplat et d'une palette sobre tendant vers le monochrome n'est pas sans rappeler les travaux de Nicolas de Staël de la même période.
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Au tournant des années 1960, Olivier Debré revient au paysage et trouve sa voie originale. les foramats s'allongent,suggérant à la fois une vision panoramique d'un espace sans limite et la plongée dans une quasi-monochronie. Il qualifie dès lors sa peinture d'abstraction fervente car elle symbolise l'émotion suscitée par la contemplation d'un paysage.
Dès 1967, le succès de ses oeuvres l'amène à représenter la France à l'Exposition Universelle de à Montréal. Au cours des années 80-90, Olivier Debré bénéficie de plusieurs commandes publiques : les rideaux de scène de la Comédie Française, l'Opéra de Hong Kong, et l'Opéra de Shangaï. En 1997, il réalise les décors et les costumes du ballet " Signes " de la chorégraphie Carolyn Carlson. En 1995, la Galerie Nationale du Jeu de Paume propose une rétrospective d'Olivier Debré, également présentée en Europe et en Amérique Latine.
Musée des Beaux Arts Angers (LMDA) avec nos remerciements à l'Agence Heymann- Renoult associés.
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