PARIS : Galeries Nationales du Grand Palais " Edward Hopper" Du 10 octobre 2012 au 28 janvier 2013 >>> Prolongation jusqu'au 03 février 2013
Edward Hopper (1882-1967) est le peintre d'une Amérique profonde qui s'interroge sur les mutations du monde moderne et sur les angoisses existentielles des hommes de son époque.
Il nous représente les images de la solitude et de l'absence, du silence et l'attente, comme autant d'énigmes de l'existence et du désir, du temps et de la mort.
Chacun de ses tableaux est l’expression d’un malaise existentiel, de sentiments les plus étranges ou d’absence de sentiments, ils sont peut-être de pures constructions mentales, mais troublantes, dérangeantes, donnant lieu aux interprétations les plus contradictoires.
Ses oeuvres sont probablement parmi les représentations les plus fortes de l'angoisse humaine dans l'art contemporain.
Cette exposition se propose d’éclairer cette oeuvre simple et minimaliste, d’un point de vue esthétique, mais forte et complexe, dans ses significations dans sa symbolique ou dans sa mythologie d’une Amérique moderne déshumanisée.
Edward Hopper est un peintre réaliste, mais énigmatique dans la simplicité de son inspiration. Son oeuvre figurative rassemble avec évidence une force et une profondeur intérieure qui projette au delà de l' immédiate objectivité, et conduit le spectateur à s'interroger sur la réalité, sa réalité, la réalité du monde, et l'illusion de la réalité.
Selon un parcours chronologique, les oeuvres sont présentées en deux grandes parties . Une première est consacrée aux années de jeunesse d’ Hopper, avec une mise en perspective des peintures de ses contemporains et de celles, des artistes qu’il découvre à Paris, et qui ont pu l’inspirer dans son propre travail. La seconde partie montre l’artiste dans sa pleine maturité, avec les peintures emblématiques qui caractérisent son style personnel, jusqu’aux œuvres ultimes.
des années 1960.
Né et formé à New York, Edward Hopper n'a jamais appartenu à aucun mouvement, ni à aucune école. Inscrit à la New York Scholl of Art en 1900, il suit les cours de Robert Henri et s'intéresse à l'oeuvre de Manet, mais aussi à celle des peintres tels que Daumier, Courbet, Degas, Gauguin ou encore Van Gogh.
Il est également très marqué par l' impressionnisme français, auquel il fait référence comme Pissarro, Renoir, mais aussi Sisley, qui resteront longtemps comme les repères d'une sorte d'inspiration souterraine permanente dans son oeuvre.
Son intérêt pour la culture française l'aménera d'ailleurs à faire plusieurs séjours à Paris entre 1906 et 1910. Dès 1906, d'ailleurs il est fasciné par la physionomie et l'ambiance de la ville :" Les rues y sont très anciennes, encaissées, et les façades qui s'inclinent en arrière à partir de la base du premier étage confèrent une physionomie massive et très imposante aux maisons. Les débits de boisson et les boutiques de rez-de-chaussée sont de couleur rouge ou vert sombre, ce qui tranche violemment sur le reste de la façade. Sur les toits se dressent des centaines de cheminées avec leur mitre qui donnent un aspect particulier à l'horizon. les toits sont tous à la Mansard, couverts d'ardoise grise ou de zinc.. par temps couvert, ce même gris-bleu en toute chose ..." ( lettre à sa soeur du 29 novembre 2006).
Cela l'aménera à peindre en 1907 des oeuvres telles que " Le Louvre et la Seine", " Boulevard St Michel", " Pont du Carroussel dans le brouillard ", " Notre Dame " et de nombreux autres tableaux sur Paris, probablement aussi sous l'influence d'Albert Marquet, dont il découvre la peinture dans une exposition à la Galerie Druet.
Il est intéressé par le mode de vie des parisiens qu'il représente dans de nombreux dessins, mais aussi par les femmes françaises qu'il considère comme de redoutables séductrices, et auxquelles il ne manquera pas de penser dans des oeuvres de maturité, telles " Summertime " en 1923, ou " Night Windows " en 1928.
De retour aux Etats-Unis, en 1908 il est contraint de gagner sa vie comme illustrateur, mais parvient à participer à une exposition où il présente trois toiles et un dessin réalisés en France, mais sans succès. Il revient brièvement en France, dont il apprécie tant la langue et la culture puis visite l'Espagne avant de revenir à New York en mai 1910.
Là, il continue à peindre ses souvenirs de Paris et présente dans des expositions des oeuvres inspirées par la France mêlées aux tableaux qu'il peint de New York ou de la campagne américaine, avant d'épouser en juillet 1924, Joséphine Verstille Nivison, " Jo ", qui partage son amour pour la culture française.
La fin de l'année 1924 marque une rupture dans l'oeuvre d'Hopper, dans le sens où il décide de rompre avec cette nostalgie de la France et de peindre en observation directe la vie américaine. Il dit " Aujourd'hui ou dans un proche avenir, il faudra bien retirer l'art américain à sa mère française ". A partir de là, c'est à une peinture strictement de sujets américains qu'il s'attèle. Les oeuvres peintes en extérieur deviennent rares, et les scènes d'actions en suspens de la vie américaine se multiplient. Depuis son appartement de Greenwich Village qu'il habitera toute sa vie, il saisit les toits new-yorkais avec leurs citernes, comme dans "Roofs" en 1926, les façades de briques rouges dans"Early Sunday Morning", en 1930, les intérieurs de chambres d'hôtel dénudées dans "Night Windows" en 1928 ou encore les stations d'essence désertes, comme dans "Gas" en 1940.
Il devient le peintre de la vie et de la réalité au quotidien, avec des compositions où des personnages énigmatiques et solitaires, prennent place de plus en plus souvent, telle cette ouvreuse de cinéma plongée dans ses pensées dans "New York Movie" en 1939.
Il s'intéresse aussi dans son atelier à l'architecture des maisons, de la ville, puis aux rendus de la lumière dans les intérieurs clos et aux caractères des personnages qu'il représente souvent seuls comme enfermés dans le silence et la solitude.
Une oeuvre telle que " Morning Sun " en 1952 constitue un des exemples les plus marquants de l'évolution de la peinture d'Hopper.
Cette femme de "Morning Sun", est une femme qui a vieilli, assise sur son lit, face à sa fenêtre ouverte sur les toits de la ville et au soleil levant. Edward Hopper y représente à la fois la profonde solitude, l'attente, le regard porté sur le passé, et une certaine obssession charnelle de la mort.
Ces thèmes sont plus récurrents dans ces années d'après guerre : les regards, les gestes suspendus, les silences, les rêveries dans des univers dépouillés gagnent son oeuvre, comme une réalité obsédante de l'existence, jusqu'à la disparition même du sujet comme dans "Rooms by the sea " peinte en 1951, où il ne reste plus qu'une porte ouverte directement sur la profondeur de la mer.
Edward Hopper a souvent inspiré les cinéastes, notamment Alfred Hitchcock, qui choisira dans "Psychose" une maison sur le modèle d'une demeure victorienne peinte par Hopper.
Connu pour ses profonds silences lorsqu'on un journaliste l'interrogeait, Edward Hopper avait souvent coutume de répondre: "Si vous pouviez le dire avec des mots, il n'y aurait aucune raison de le peindre".
Ouvert(sous réserve de modifications): tous les jours de 10h à 20h, le mercredi jusqu'à 22h.
Fermé le mardi, le 1er Mai et le 25 décembre
Accés handicapés
Librairie- Cafeteria
Elie Faure écrivait :
" Camille Pissarro promène son apostolat dans les campagnes habitées. Il démontre en peignant les toits rouges entrevus derrière les pommiers que même quand on réalise, par une technique rigoureuse, le maximum du frémissement aérien et de l'éclat lumineux, on peut rester le poète le plus discret de l'intimité des choses". Suite >>>
LE PORTRAIT DANS L'ART CONTEMPORAIN
/ par collectif / Préface : Francis Parent / Ed. Patou / Album Arts / 372 pages / illustrations couleurs / Format 22 x 30,5 cm / Couverture reliée illustrée/ Edition Bilingue / Prix : 49,00 Euros
Il s’agit du premier ouvrage à présenter un ensemble d’artistes contemporains travaillant sur la thématique restreinte du portrait, mais dans son acceptation la plus ouverte. Il entend ainsi faire un panorama le plus large possible de la création actuelle, en montrant la diversité des techniques, des formalismes, des genres, des approches, que ces artistes peuvent employer pour réaliser des portraits.
Ainsi, 180 artistes, tous mediums confondus (photographes, peintres, dessinateurs, sculpteurs…) composent cet ouvrage, une double page étant accordée à chacun. Nous retrouvons les grands noms de la scène artistique contemporaine et internationale : Matthew Barney, Chuck Close, Mauro Corda, Erró, Gueorgui Pinkhassov, Moreno Pincas, Hélène Benzacar….
Un texte de l'artiste expliquant sa démarche ou commentée par un critique ainsi qu'une courte biographie offrent un dialogue texte-images accessible qui devrait etre appréciée par le lecteur. tandis que la préface de Francis arent luii offre une histoire du portrait, aussi bien dans son évolution historique, sa dimension " psycho-sociale" et symbolique que plastique.
CLAUDE LAZAR
par Francis Parent - Préface Philippe Djian / Ed. Art In Progress / Album Arts / 240 pages / 200 illustrations couleurs / Format 25 x 29 cm / Broché / Prix : 45,00 Euros
Cet ouvrage constitue la première monographie consacrée à Claude Lazar, avec 20 ans de peinture et son aventure américaine... " Je ne sais si Claude Lazar parle d'avant ou d'après, à la réflexion. Si l'on doit voir dans son travail l'imminence de l'occupation ou la trace d'un passage. En tout cas, les particules de poussière demeurent en suspension, tourbillonnant sur elles-même... " Philippe Djian
LES ATELIERS DE JEAN-PIERRE PINCEMIN
/ par Louis Dalla Fior / Ed. Art InProgress / Album Arts / 142 pages / illustrations couleurs / Format 16,5 x 24 cm / Couverture brochée illustrée / Prix : 20,00 Euros
Cet ouvrage de la collection " Vie d'artiste " s'attache à faire partager la biographie ou l'autobiographie d'un artiste contemporain. Il s'agit ici de Jean-Pierre Pincemin. Au cours de différentes visites dans les ateliers de l'artiste, l'auteur et en même temps le lecteur sont conviés à remonter le fil de ses souvenirs et analyser avec lui ce qu'il découvre. Il s'agit ici d'une biographie poétique, laquelle à chaque chapitre présente une série réalisée par l'artiste. Une oeuvre d'art selon lui repousse l'esclavage et la mort; elle affranchit. Mais le peu qu'elle peut ....