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Artiste majeur du XXème siècle, inventeur de la peinture métaphysique, Giorgio de Chirico (1888-1978) a fait de Paris, après Rome, sa ville d’élection. Près de vingt et un ans après la disparition de son épouse Isabella en 1990, la Fondation Giorgio et Isa de Chirico lègue soixante et une œuvres à la Ville de Paris en faveur du Musée d’Art moderne, dont trente peintures, vingt dessins, et onze sculptures qui témoignent de la permanence de la métaphysique dans l’oeuvre de l’artiste jusqu'à la fin de sa vie.
Le Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris disposait déjà de sept œuvres de l’artiste dont "La Mélancolie hermétique" (1919), un de ses derniers tableaux métaphysiques, "Le Portrait de Paul Guillaume " (1915), et " Cheval et Gladiateurs" (1930). Il devient ainsi le plus grand ensemble muséal d’œuvres de Chirico de la seconde partie de la carrière de l’artiste, après Rome.
La dernière grande rétrospective en France consacrée à cet artiste inclassable qu'est Giorgio de Chirico remonte à 2009. organisée déjà par le Musée d'Art Moderne, elle retraçait le parcours de l'artiste entre 1909 et 1975 par la présentation de cent soixante-dix peintures, sculptures, oeuvres graphiques, accompagnées d'un ensemble de documents et d’archives.
Elle visait à reconstituer le cheminement de lartiste qui lui avait valu dans les années 1920 une célébrité comparable à celle d'un Picasso des périodes bleues ou roses, et ce au travers d'une oeuvre qui avait commencé à partir de 1909 et que l'on qualifie déjà dès cette époque de "métaphysique" .
Giorgio de Chirico (1888 - 1978), admiré par Guillaume Apollinaire, puis par André Breton est considéré comme un artiste majeur du XXème siècle. Mondialement connu pour certaines de ses oeuvres représentant ces fameuses scènes de places italiennes vides écrasées sous le soleil, de tours ou d'arcades aux perspectives oniriques, son parcours entre ses scènes de la mythologie, ses paysages, ses sujets orientalistes et ses autoportraits entremêlés d'oeuvres cubistes ou surréalistes, demeure finalement mal connu du grand public, en ayant toujours échappé à tout classement dans l'histoire de l'art moderne.
Né en Grèce à Volo en juillet 1888, Giorgio de Chirico suit à partir de 1899 des cours de dessins à Athènes où ses parents viennent de s'installer, et s'initie au portait et à la peinture auprès de Jacobidis.
Son père décédé en 1905, amène sa mère à quitter la Grèce pour l'Italie. De son côté Giorgio de Chirico souhaite poursuivre ses études en Allemagne, où il s'inscrit à l'Académie des Beaux-Arts de Munich. Il lit Nietzsche, Schopenhauer et découvre les peintres Arnold Böcklin et Max Klinger qui l'impressionnent considérablement. Il reste à Munich jusqu'en 1910 et y peint ses premières oeuvres connues inspirées de Böcklin.
Il retourne à Florence quelques mois , où il peint quelques nouveaux tableaux, sa série des " Enigmes " où apparaissent ses premières inspirations de style métaphysique. dans ses Mémoires, il écrit : " Je peignais de temps en temps des toiles de petites dimensions; ma période böcklinienne était terminée et j'avais commencé à peindre des sujets où je cherchais à exprimer ce sentiment mystérieux et puissant que j'avais découvert dans les livres de Nietzsche : la mélancolie des belles journées d'automne, l'après-midi dans les villes italiennes "
Il sinstalle en juillet 1911 à Paris, où il rencontre en premier lieu Guillaume Apollinaire qui, dès 1913, l'introduit dans le milieu artistique parisien. Il fait la connaissance de Picasso, Derain, Max Jacob, Braque, Picabia, ainsi que Paul Guillaume, qui sera son premier marchand. Au Salon d'Automne, puis au Salon des Indépendants de 1913, il présente plusieurs oeuvres et vend son premier tableau intitulé " La Tour Rouge ".
Avec la guerre, Giorgio de Chirico doit retourner en Italie où il est appelé sous les drapeaux. Affecté à Carrare, il rencontre Filipo de Pisis et Carlo Carrà.
De ces rencontres, naît la "peinture métaphysique " de Giorgio de Chirico, qui expose ses conceptions de l'art au travers la revue " Valori Plastici", laquelle sera le premier support théorique des peintres futuristes et dadaïstes italiens.
En 1919, il publie un " Manifeste Métaphysique " dans lequel il exprime qu'il existe une perception d'une réalité invisible derrière une réalité visible.
Cette même année, il a une nouvelle révélation après une visite au Musée de la Villa Borghèse: " En regardant les tableaux des maîtres, je n'y avais vu jusqu'alors que ce que tout le monde voit : des images peintes ". Mais pour lui, c'est au delà qu'il faut aller, pour trouver l'essence de l'art : voir comme si nous y voyions pour la première fois, vivre cet instant comme si nous étions nous-même à la place de l'artiste en train de produire l'oeuvre que nous regardons.
Lonirisme, les dimensions métaphysiques et prophétiques, se répètent dans les années 20 dans lSuvre de Giorgio de Chirico, laquelle insuffle dimmédiates résonances dans le mouvement surréaliste naissant, notamment chez Magritte, Max Ernst, Picabia et Paul Eluard. André Breton voit en lui lartiste de la " nouvelle mythologie moderne" en formation.
Ayant fait connaissance de Raïssa Gurievich, une danseuse russe qui deviendra sa femme, il s'installe de nouveau à Paris en 1925. Mais la nouvelle orientation que prend alors sa peinture, quittant insensiblement la voie métaphysique, et l'empreinte du surréalisme, le conduit à une rupture avec André Breton.
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Giorgio de Chirico
" Antigone consolatrice" 1973
© Musée d'Art Moderne - Paris

Giorgio de Chirico
" Place d'Italie avec statue " © Musée d'Art Moderne - Paris

Giorgio de Chirico dans son atelier ©
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Il expose en 1927 et 1928 avec les artistes du Groupe Novecento en Italie, puis en Angleterre et aux Etats-Unis tandis que la critique s'intéresse tout en s'interrogeant sur son nouveau style.
En 1930, il réalise une série de lithographies pour illustrer les " Calligrammes " d'Apollinaire, réalise des décors et des costumes pour les Ballets Ruses de Diaghilev, et fait la rencontre de son deuxième épouse Isabella Pakszwer avec qui il vivra jusqu'à ses derniers jours.
Les années suivantes conduisent Giorgio de Chirico en Italie, aux Etats-Unis, à la fois pour des travaux pour le théâtre, mais aussi pour des expositions, tandis que ses oeuvres s'orientent vers des compositions baroques inspirées de thèmes du XVIIème siècle.
En 1944, Giorgio de Chirico décide de s'installer définitivement à Rome. C'est sa période " métaphysique " qui intéresse le public et la critique, davantage que sa production récente, malgré toutes les expositions auxquelles il participe, comme la Biennale de Venise en 1948, dans laquelle il présente ses dernières oeuvres.
Jusque dans les années 1955 à 1960, ses expositions sont nombreuses. Mais il ne cesse de dénoncer les falsifications qui envahissent le marché de l'art; il veut continuer à peindre en marge des tendances contemporaines, tout en reprenant de temps à autres les thèmes métaphysiques qui l'intéressent, mais en se refusant de s'inscrire dans un genre dans lequel on veut l'enfermer.
Les années qui suivent, sont consacrées à la sculpture, mais aussi aux décors pour le théâtre, avec différentes expositions en Italie, aux Etats-Unis, au Japon, en France, jusqu'à son décès le 20 novembre 1978, à Rome.
Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris
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(LMDA)
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