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Tzolkin
Calendrier Maya
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A travers 150 pièces exceptionnelles qui, pour la plupart, ne sont jamais sorties de leur pays d’origine, l’exposition propose de découvrir les Mayas du Guatemala, l’une des trois civilisations qui ont marqué l’histoire de l’Amérique précolombienne.
Dans une volonté de valorisation de la sauvegarde du patrimoine national du Guatemala, l’exposition met en avant les dernières grandes découvertes archéologiques sur plusieurs sites récemment étudiés - notamment El Mirador qui figure en tête de la liste des 5 sites sélectionnés en vue d’une nomination au Patrimoine mondial de l’UNESCO.
Ces dernières recherches permettent de présenter aujourd’hui une conception plus large et plus complexe de la civilisation maya, en décrivant la grande variété et l’évolution de son organisation sociale, de ses formes architecturales et de ses styles artistiques.
Céramiques peintes, stèles, pierres fines taillées, éléments funéraires, vestiges architecturaux, ornements..., présentés selon un parcours chronologique, offrent un panorama complet de la culture maya du Guatemala, son développement, son apogée et son déclin.
L’exposition propose également un portrait actuel de cette civilisation en présentant les coutumes, rituels et richesses de la culture maya contemporaine.
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La civilisation maya est une civilisation précolombienne qui s'est étendue au sud-est du Mexique ( Yucatán), à l'ouest du Honduras et du Salvador, au nord du Bélize et au Guatemala. Apparue au troisième millénaire avant J.-C., elle a connu son apogée du IIIème siècle au Xème siècle avant de connaître une décadence progressive jusqu’à sa disparition avec la conquête espagnole au XVIème siècle.
Les connaissances que nous avons de la civilisation Maya demeurent très incomplètes et de grandes zones d'ombre subsistent par le fait que les conquistadors espagnols, puis ensuite les missionnaires chargés de christianiser les contrées dites « sauvages » de ce nouveau continent, ont détruit toutes les traces du passé, avec par exemple l'autodafé de Mani, et des codex Mayas, où tout fut brûlé.
En Amérique précolombienne, les Mayas furent un peuple de bâtisseurs, qui, en quinze siècles, établirent dans la jungle l'une des civilisations les plus raffinées du continent avec la construction de temples et de pyramides, de nature astronomique, comme en témoignent les multiples cycles du calendrier Maya.
Le peuple Maya était installé dans le sud-est du Mexique ( Chiapas, Campeche, Quintana Roo et Yucatán);et en partie dans le Guatemala actuel, l’ouest du Honduras et l'ouest du Salvador et trois zones géographiques se distinguaient selon des critères climatiques et géologiques : la face pacifique, les basses terres et les hautes terrres.
Les traces les plus anciennes de la culture Maya ont été retrouvées sur la côte du Pacifique et dans les hautes-terres du Guatemala. Les vestiges de la période classique sont essentiellement localisés dans les basses-terres du sud (Tikal, Uaxactun, Copan) alors qu’un développement postérieur semble avoir eu lieu principalement dans les basses-terres du nord, dans la péninsule du Yucatán.
A l’origine, les Mayas semblent avoir développés leur culture sur le littoral atlantique du Mexique, d'où ils migrèrent ensuite vers l'Amérique Centrale. Des groupes Mayas restèrent cependant sur place, ou migrèrent vers le nord comme les Aztèques, tandis que les groupes qui allèrent vers le sud, sont ceux qui développèrent à proprement dit la civilisation Maya.
L'ère préclassique des Mayas va de 2600 av.J.C. à 250 ap. J. C. C'est l'essor de la civilisation Olmèque, vers 2000 av. J.C.,d’où descendent les Mayas. Des éléments archéologiques montrent que l'architecture cérémonielle Maya démarre vers 1000 av. J.C. en reprenant de multiples éléments de la culture Olmèque.
Vers 300 av. J.C., les groupes se démultiplient et développent une activité importante, avec un accroissement important de la population.
Entre 50 et 250 ap. J.C., des tensions apparaissent entre ces différents groupes: crise de croissance ou invasions, guerres, et certains sites sont abandonnés (Cerros ou Komchén), tandis que d'autres dominent tel le site de Tikal.
L'ère classique qui s'étend de 250 ap. J.C à 900 ap. J.C voit deux sites, Tikal et Calakmul jouer un rôle prédominant alors qui marque l’apogée de la culture Maya.
En 292, une stèle datée revendique la prédominance de Tikal sur l'ensemble du monde Maya et sur le Mexique central, le Teotihuacán, avec des échanges dans les domaines de l’architecture, la céramique et la sculpture.
Vers le milieu du VIème siècle, la cité de Calakmul s’impose à Tikal. Les activités et des échanges décroissent avec la fin des constructions de monuments datés. La culture Maya a atteint son apogée : elle se poursuivra jusqu'au Xème siècle.
L'ère postclassique qui va de 900 à 1521, amène l’effondrement des cités-états et la disparition des monuments. La disparition des puissantes cités Mayas à l'aube du IXème siècle demeure mystérieuse. Guerres, famines, épidémies ou une combinaison de ces facteurs sont les raisons généralement avancées par les historiens avancées pour expliquer ce déclin.
Les cités Mayas sont abandonnées au début du Xème siècle, puis englouties par les végétations. Ce n'est qu'au cours de la seconde moitié du XIXème siècle et au début du XXème que des temples et ensembles d’architecture ont pu être retrouvés et restaurés.
La guerre entre différents groupes est une hypothèse souvent retenue du fait des traces d’abandon soudain de sites apparemment délaissés en quelques jours (restes de chantiers. Cependant, les guerres, bien que très courantes, ne peuvent à elles seules expliquer l’ampleur de ces abandons. Les guerres ne visaient pas à exterminer l'adversaire, mais à faire des prisonniers pour exiger une rançon ou pour les sacrifier aux dieux.
Une autre hypothèse serait que des catastrophes naturelles ou des tremblements de terre auraient pu aussi décimer les populations, en entraînant de mauvaises récoltes, avec l’incidence de famines, d’ épidémies, et uns suite de rebellions, etc.
Une autre thèse serait celle de la peur conséquente à des observations astronomiques selon lesquelles les prêtres aurait prédit l'approche d’une apocalypse imminente qui aurait conduite le peuple à fuir.
Une dernière hypothèse acceptée par de nombreux chercheurs serait celle d’une conjonction de situations très défavorables, et d’une catastrophe écologique (déboisement massif, sécheresse, appauvrissement et érosion du sol) qui aurait entraîné de violentes guerres entre les cités pour augmenter la cadence des sacrifices et gagner la clémence des dieux.
Les cités du nord dans le Yucatan, elles, continuent à prospérer jusqu’à ce que la cité de Mayapan gouverne tout le Yucatan, avant de faire face à une révolte vers 1450. Lorsque les Espagnols arrivent en 1520, la région est aux mains de petites cités de moindre importance.
Dans les hautes terres du sud, la culture Maya subsiste dans de petites cités-royaumes comme celui de Quiché, qui laissera le texte le plus connu de la mythologie Maya : le Popol Vuh.
Quelques royaumes continueront à résister farouchement à l’invasion espagnole, jusqu'à ce que le dernier site Maya, le royaume d'Itza, au Guatemala, tombe en 1697.
La société Maya est divisée en classes : nobles, religieux, militaires, artisans, commerçants, et agriculteurs. Dirigée par des chefs héréditaires, ceux-ci délèguent leur pouvoir sur les communautés villageoises à des chefs locaux. La terre, propriété de chaque village, est distribuée en parcelles aux différentes familles. Les agriculteurs qui constituent la majorité de la population, se divisaient en paysans, serviteurs et esclaves.
L'élite, de son côté, se répartissait en guerriers, prêtres, administrateurs et dirigeants. L'élite et le peuple ne formaient pas des catégories opposées, car des liens d'alliance unissaient dirigeants et serviteurs, chefs de villages et paysans.
Les Mayas étaient organisés ainsi en communautés ou en cités indépendantes ce qui a été un facteur déterminant par les conquistadors espagnols qui eurent facilité à affronter un peuple fractionné et sans unité.
Musée du Quai Branly - Paris
(LMDA)
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