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Tamara de Lempicka
"The Dream"
1927
Coll. Part.
© ADAGP

Tamara de Lempicka
dans son atelier
© Coll. Part. © ADAGP
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Cette rétrospective du Vittoriano Museum de Rome consacrée à Tamara de Lempicka (1898-1980) rassemble quelques 90 peintures et 30 dessins, d’une artiste qui est reconnue aujourd’hui comme une "icône de la modernité" et de la peinture du XXème siècle.
Bien qu’elle ait eu une production peu abondante, à peine 150 tableaux, elle a été l'une des figures par excellence des années folles et des années trente.
Les sujets principaux de Tamara de Lempicka ont été principalement les femmes indépendantes et émancipées souvent représentées dans des poses déshabillées, érotiques et lascives, avec le regard interrogateur et sensuel dans des couleurs vives soulignées d’ombres et de traits noirs. Ses personnages masculins sont représentés eux, encostumés, le visage fermé et les lèvres pincées sur des fonds le plus souvent gris ou noirs.
Avec ce style néo-cubiste très marqué, les oeuvres de Tamara de Lempicka se situent parfaitement dans leur époque et sont reconnaissables entre toutes. Tel était son ambition : créer un style unique, nouveau, avec des couleurs vives qui puisse être reconnu comme le sien, dès le premier instant.
Mais ses oeuvres sont remarquables également par les manières de construire et de composer les tableaux, directement héritées des plus grands peintres classiques de la Renaissance Italienne.
Née le 16 mai 1898, à Varsovie, en Pologne, et décédée le 18 mars 1980 à Cuernavaca, au Mexique, Tamara de Lempicka est sans doute la peintre la plus célèbre de la période Art déco.
Fille d'avocat, elle évolue dans les milieux aisés entre l'Italie où elle découvre l'art, la Russie et les grandes villes d'eaux européennes. En 1914, elle s'installe à Saint-Pétersbourg pour apprendre la peinture.
Elle s'éprend de Tadeusz Lempicki, un jeune avocat russe qu'elle épouse en 1916. La Révolution d'octobre bouleverse sa vie : son mari supporte mal d'avoir perdu sa vie privilégiée, et après un séjour à Copenhague elle décide, en 1918, de venir à Paris et d'entamer une carrière de peintre.
A l'Académie de la Grande Chaumière, à partir de 1920 elle fréquente les ateliers de Maurice Denis et d'André Lhote. Passionnée par le cubisme autant que par la peinture d'Ingres ou le maniérisme de Pontormo, très influencée par André Lhote, l'artiste trouve son style, à la fois décoratif, élégant et sculptural, dès 1922, date à laquelle elle présente un portrait au salon d'Automne.
En 1927, avec " Kisette au salon", elle obtient le premier prix à l'exposition internationale de Bordeaux, qui conforte son succés naissant dans les cercles élitistes.
Au sein de cette riche société, elle a réalisé des portraits comme celui du Marquis d'Afflitto ou de Sommi en 1925, ainsi que celui du Prince Eristoff, du Comte Fürstenberg ou encore du Grand-Duc Gabriel en 1927. Mais c'est son autoportrait " Tamara dans la Bugati verte " en 1925 qui matérialise son style et l'incarne comme l'artiste de la modernité.
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Elle immortalise la bohème parisienne de son temps : André Gide, Suzy Solidor, et fréquente Paul Poiret ou encore Georges Braque. Mais sa célébrité vient aussi des nus provocants qu'elle produit. Elle frise régulièrement le scandale avec des personnages féminins aux poses provocantes et ses ambiances parfois équivoques, tels que " La Belle Rafaëla " ou " Les deux amies" en 1927.
Elle divorce en 1928 pour se remarier, en 1933, avec un baron hongrois Raoul Kuffner.
La montée du nazisme la préoccupe beaucoup, et elle décide de quitter l'Europe pour s'installer aux Etats-Unis.
Cet éloignement, ce nouveau changement dans sa vie, et l'Art déco passant de mode, contribuent à ce que son Seuvre tombe dans l'oubli jusque dans les années 1970, où l'Art déco revient en grâce, et fasse ressurgir son nom. Vivant entre New York, Hollywood et le Mexique, elle meurt à Cuernavaca en 1980.
Tamara de Lempicka aura avant tout marqué l'histoire de la peinture par une oeuvre proche du cubisme très particulière et totalement reconnaissable entre toutes, " Ne pas copier. Créer un nouveau style, des couleurs lumineuses et brillantes ... Je veux qu'au milieu de cent autres, on remarque une de mes oeuvres au premier coup d'oeil »
Tamara de Lempicka : pour en savoir plus
Complesso Vittoriano - Rome
(LMDA)
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