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GRANDE BRETAGNE - LONDRES : Tate Modern " Edvard Munch : un oeil moderne " Jusqu'au 14 octobre 2012
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Peu d'artistes modernes sont mieux connus, mais bien moins compris que le peintre norvégien Edvard Munch (1863-1944). Cette exposition se penche sur le travail de l'artiste à partir du début du XXème siècle, en présentant une soixantaine de tableaux, dont beaucoup viennent du Musée Munch à Oslo, en lien avec le cinéma et la photographie.
Munch a souvent été considéré comme un peintre du XIXème siècle symboliste. Cette exposition montre au contraire combien il a été moderne en s’inspirant de l’actualité de son temps et de la vie quotidienne en dehors de son atelier. Les scènes de rue et les faits divers signalés dans les journaux l’inspirent. Une oeuvre comme « "La maison brûle" de 1925-1927 représente avec force un événement de la vie réelle qui le touche particulièrement.
On découvre dans cette exposition comment Munch s’est souvent inspiré d’un même événement pour décliner sur de longues périodes le même sujet de temps afin de le retravailler, et de le parfaire , comme le voit ainsi par exemple dans les différentes versions de "L’Enfant malade" , sujet qu’il reprend par exemple de 1885 à 1927 , ou "Filles sur le pont" sur lequel il revient à différentes reprises de 1902 à 1927.
Edvard Munch est impressionné par les techniques de la photographie et du cinéma et essaie d’en utiliser les techniques, tels les premiers plans, les diagonales, qui permettent de renforcer les émotions et crée un mouvement des sujets du tableau vers le spectateur. Ce procédé visuel est présent dans de multiples oeuvres de Munch, comme par exemple avec "Les ouvriers à la sortie de l'usine " de 1913-1914, et leur donne une dimension des plus novatrices, par rpport à ses contemporains.
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Il s’inspire également des effets provoqués par l'éclairage électrique sur les scènes théâtrales, et utilise ces obervations pour renforcer les effets saisissants dans des œuvres comme "Le Peintre et son modèle " sur leqiuel il travaille de 1919 à 1921.
La photographie le conduit également à s’intéresser dès le début des années 1900 aux auto-portraits, qu’il réalise de manière répétée jusqu’à ce que dans les années 1930, il perde, suite à une maladie son acuité visuelle.
Mais en dehors dune oeuvre emblématique et essentielle, comme "Le Cri ", tableau peint en 1893, Edvard Munch (1863-1944) reste il est vrai assez peu connu du grand public. La notoriété mondiale de ce tableau a eu pour effet docculter la dimension réelle, lintérêt et linfluence de lartiste dans lart moderne.
Munch qui a peint près de 1700 toiles au cours de sa carrière et exécuta quantité de dessins, détudes et de gravures se distingua très tôt, dès 1880 en sopposant par son style à toutes les conventions liées aux artistes et aux influences de son époque.
Appliqué à travailler dans un réalisme stylisé, de manière à ce que les détails et les couleurs expriment librement son sujet, il considère travailler dans un style qui serait celui du dessin technique avec la précision qui pourrait être celle dune composition photographique. Une de ses premières oeuvres telle que "La vieille église dAker " en 1881 montre déjà un style particulier avec une dominante sombre et angoissante qui peut le définir comme étant le pionnier de limpressionnisme.
Il travaille par couches de couleur parfois épaisses, et laisse volontiers quelquefois ses toiles sous la pluie et la neige, pour les reprendre et les retravailler, en les grattant ou selon, en diluant les couleurs pour leur donner de la transparence, ou du relief afin de transmettre une émotion ou une impression au spectateur.
Il sinscrit sans doute dans la lignée de William Turner et de Gustave Courbet et peut-être considéré comme le trait dunion entre lexpressivité de Rembrandt, Vélasquez, ou Goya et dans lart moderne du XXème siècle, Picasso, Pollock ou Jean Dubuffet.
Edvard Munch a été un peintre du dépassement de lui-même, sans doute à la faveur dune angoisse intérieure constante face à la vie et à la mort, et à la fragilité de sa santé et de ses souffrances nerveuses.
Il dira plus tard : " Langoisse devant la vie me poursuit depuis ma naissance. Mon art a été comme une suite dappels désespérés comme émis par lopérateur de radio dun navire en perdition".
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 Edvard Munch
" Jeunes filles sur le pont "
1901
Huile sur toile 136 x 125,5 cm
© Nasjonalgalleriet - Oslo
© ADAGP
 Edvard Munch
" Les ouvriers à la sortie de l'usine "
1913 -1914
Huile sur toile 201 x 227 cm
© Munchmuseet - Oslo
© ADAGP
 Edvard Munch
© ADAGP |
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Edvard Munch nait et grandit dans la capitale norvégienne, qui s'appelle alors Christiania. Son père, médecin militaire, a de modestes revenus, mais est profondément croyant. Sa mère, qui a 20 ans de moins que son mari, meurt prématurément de tuberculose alors qu'Edvard n'a que cinq ans.
Celui-ci est dune nature maladive, et sa soeur ainée Sophie décède elle aussi de la phtisie, une des formes de la tuberculose. Sa plus jeune soeur souffre elle même de dépression chronique. Des cinq enfants de la famille, seul son frère Andréas se marie, mais il meurt quelques semaines après son mariage.
Latmosphère de la maison parentale est envahie par ces effets de la maladie, de la mort et de la tristesse dont Edvard Munch ne peut se défaire et qui restera toujours dans son oeuvre.
Après avoir étudié à l'école technique, Edvard Munch décide dès lâge de 17 ans de se consacrer très sérieusement à l'art. Il étudie les anciens maîtres, suit les cours de dessin de nu à l'Ecole Royale.
En 1885, à lissue dun court séjour quil fait à Paris, il peint un tableau décisif pour lui "Lenfant malade " qui représente sa soeur Sophie. Il travaillera beaucoup à ce tableau à la recherche de lexpression de sa tristesse et de sa douleur au travers la composition et les couleurs, afin de témoigner à la fois de sa peine et de lamour quil ressent alors. Là il rompt avec le réalisme en renonçant à l'espace et à la forme plastique, pour une composition très laborieuse, élevant cette oeuvre sombre au rang dune représentation religieuse.
Les oeuvres qui suivront sont moins provocantes et plus réalistes telles que "Inger sur la plage" ou "Le Printemps" en 1889, et montrent l'aptitude que Munch peut développer dans la représentation d'atmosphère lyrique, dans la même veine que le néoromantisme de l'époque.
En 1889, il peint aussi le portrait de l'écrivain norvégien Hans Jaeger qui marque un tournant dans sa vie en le mettant en contact avec un groupe anarchiste aux idées radicales et le conduit à une intense réflexion sur lui-même. "Chacun doit écrire sa vie" dit-il.
C'est à cette époque que commence sa vaste production biographique qu'il reprendra à plusieurs moments de son existence. En accord avec les idées de Jaeger, il veut retranscrire par une capture la plus proche et la plus fidèle possible les affres et les ennuis de la vie moderne : il veut peindre sa propre vie.
À l'automne 1889, Edvard Munch a droit à une grande exposition de ses oeuvres à Christiana, où l'État lui accorde une bourse d'artiste. Il retourne en voyage à Paris, où il devient pour un moment l'élève de Léon Bonnat. Durant trois ans, résidant à St Cloud et à Neuilly, il simplique dans la vie artistique de la capitale française et découvre les oeuvres de Van Gogh et de Gauguin.
Mais peu de temps après son arrivée à Paris, il reçoit la nouvelle de la mort de son père, ce qui le renvoie aux souvenirs des décès de sa sSeur et de sa mère, et le fait sombrer à nouveau dans la mélancolie extrême.
Le tableau "Nuit à St Cloud" peint en 1890 témoigne de cet accablement : "Je vis en compagnie de la mort& tous les souvenirs, les plus petites choses affleurent sans cesse " écrit-il . L'intérieur sombre avec la seule figure à la fenêtre est totalement dominée par les tons bleus, peints ton sur ton. Il peint également une série de tableaux dans un style impressionniste et pointilliste, avec des sujets comme "La Rue LaFayette" à Paris, ou encore "La Rue Karl Johan"» de Christiana.
Mais ce qui intéresse surtout Munch, ce sont les impressions de l'âme, les expressions des tensions internes dues aux angoisses de la vie, et non les représentations superficielles des sens.
Durant lété 1891, il peint "Jappe sur la plage ou Mélancolie" qui préfigure ce que sera son oeuvre majeure " Le Cri ", dans le cadre dune vaste série quil appellera "La Frise de la Vie" dans laquelle il veut décrire les forces auxquelles lindividu est confronté dans son existence : le plaisir, lamour, la peur et la mort.
Lors de sa nouvelle exposition de l'automne 1891 à Christiana, Munch montre des oeuvres dans lesquelles dominent le sentiment de mélancolie et de désespoir avec une simplification et une stylisation utilisée inspirées de Gauguin.
Au sujet du "Cri " Edvard Munch écrira : "Je me promenais sur un sentier avec deux amis et le soleil se couchait. Tout d'un coup le ciel devint rouge sang Je me suis arrêté, fatigué, et je me suis appuyé sur une clôture Il y avait du sang et des langues de feu au-dessus du fjord bleu-noir et sur la ville Mes amis continuèrent leur chemin, et moi je suis resté sur place,immobilisé et tremblant d'anxiété. Je sentis alors un cri infini qui passa à travers l'univers".
Il peint ce tableau à Asgadstrand, une petite ville des alentours de Horten en Norvège. Le littoral très sinueux caractéristique de cette région, est un motif qui se retrouvera dans de nombreuses compositions de Munch.
À l'automne 1892, invité par le "Club d'Art de Berlin" (Berliner Kunstverein), Munch présente ses dernières oeuvres qui font scandale, car le public et les vieux peintres y voient comme une provocation anarchiste. L'exposition doit être fermée à cause de la protestation.
Mais Munch qui s'est ainsi fait un nom à Berlin, décide de sy établir. Il côtoie des artistes et d'intellectuels où les scandinaves sont fortement représentés tels que lécrivain August Strindberg, le danois Holger Drachmann et l'historien de l'art allemand Julius Meier-Gräfe. Dans ce cercle, on y discute de la philosophie de Nietzsche, de politique, d'occultisme, de psychologie et de la sexualité.
En décembre 1893, Munch expose à nouveau et présente six peintures sous le titre " Étude en une série : l'Amour". On y retrouve des motifs comme "La tempête" , "Clair de lune " et " Nuit étoilée", où l'on peut sentir l'influence du peintre germano-suisse Arnold Böcklin. D'autres motifs éclairent le côté nocturne de l'amour, comme "Rose et Amélie " et " Vampire". Plusieurs tableaux ont la mort comme thème, et le plus marquant est " La mort dans la chambre de la malade ". Cette composition montre ce que doit Munch aux symbolistes français. Avec ses couleurs crues et blafardes, le tableau montre une scène fortement figée, comparable au tableau final d'une pièce d'Ibsen. La scène rappelle la mort de sa soeur Sophie, et toute la famille est représentée. La mourante, assise dans un fauteuil, est représentée de dos, mais attire le regard sur le personnage qui représente Munch lui-même.
L'année suivante, la "Frise de la Vie continue avec des tableaux comme "La peur", "Cendres", "Madonne", ou "Les trois âges de la femme ", un tableau monumental totalement dans l'esprit du symbolisme.
En 1896, Munch abandonne Berlin pour retourner à Paris, où séjournent notamment August Strindberg et Meier-Gräfe. Il se concentre de plus en plus sur les moyens graphiques, aux dépens de la peinture. Il réalise des lithographies en couleurs et des gravures sur bois. Il réalise deux affiches de programmes pour le "Peer Gynt " dHenrik Ibsen et l'illustration partielle dune édition des "Fleurs du Mal " de Baudelaire.
En 1899, Munch peint " La danse de la vie ", tableau qui peut être résumé comme une " monumentalisation" personnelle et audacieuse dun nouveau style décoratif, puis une série de paysages du fjord de Christiana, études délicates et décoratives de la nature. Il peint "Les filles sur le pont ", tableau classique chargé d'émotions, pendant l'été 1901 à Asgardstrand , où il a acheté une petite maison.
En 1902, il présente " La Frise de la Vie" dans son intégralité à la Sécession Berlin. Une exposition qui suit à Prague influence de nombreux artistes tchèques. Les portraits, souvent en pied, prennent une place de plus en plus importante dans son oeuvre. Le portrait de groupe " Les quatre fils du Docteur Max Linde " (1904) compte parmi les plus grands chefs-d'Seuvre du portrait moderne.puis il peint une série de nouveaux tableaux, certains dans des formats plus grands, partiellement empreints de l'esthétique du Jugendstil.
Commence alors une période pour Munch faite d'expériences nouvelles. Un style décoratif et vif se manifeste, influencé par l'art des Nabis, et notamment par Maurice Denis.
En 1908, il peint "Maçons et ouvriers", qui est la première oeuvre dune série quil consacre au monde du labeur et de lindustrie. Il retourne vivre en Norvège en 1909 et travaille aux études des peintures murales qui lui ont été commandées par lUniversité, dont la fresque "Le Soleil" qui sera installée en 1916.
Les années qui suivent montrent lintérêt dEdvard Munch pour une certaine peinture réaliste représentant les hommes et leur travail : "Les pelleteurs de neige" en 1913, "Les ouvriers à la sortie de lusine" en 1914, "Le Bûcheron" en 1915, puis "Labours de printemps" en 1916, lesquelles acheminent le peintre vers un expressionnisme de plus en plus marqué qui le rapproche de la peinture allemande.
Dans les années 1930 et 1940, les nazis jugent son oeuvre comme de "lart dégénéré" et retirent ses tableaux des musées allemands. Munch est profondément marqué par cette situation, lui qui est antifasciste et qui considérait l'Allemagne comme sa seconde patrie.
Le 23 janvier 1944, Edvard Munch meurt à Ekely. Il lègue à la municipalité dOslo, toutes ses oeuvres en sa possession, soit mille peintures, quinze mille eaux fortes, lithographies et gravures et quatre mille aquarelles et dessins, ainsi que six sculptures.
Edvard Munch peut être considéré comme le pionnier de l'expressionnisme dans la peinture moderne. Il a ouvert ouvert une nouvelle époque artistique en Allemagne et en Europe centrale, avec une oeuvre mal connue, dont on est en train de reconnaître aujourdhui en Europe et dans le monde, limportance dans lévolution de lhistoire de lart moderne.
Les peintures les plus connues de Munch sont celles des années 1890, notamment "Le Cri ". Mais sa production plus tardive attire maintenant l'attention, et inspire de plus en plus les artistes contemporains, par la puissance qui est la sienne.
Tate Modern - Londres
( LMDA )
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Informations pratiques
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GRANDE BRETAGNE
LONDRES - Tate Modern -
Bankside - London SE1 9TG - Bankside Power Station
Ouvert du lundi au vendredi de 9H à 17h
Tél : + 44 20 78 87 80 00
Site Internet : http://www.tate.org.uk
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LIVRES ¤¤¤

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PIERRE CESAR LAGAGE - Peintures 1946-1972 -
de Patrick Gilles Persin / Ed. Art In Progress
/ Album Arts / 144 pages / 115 illustrations couleurs / Format 25 x 27 cm / Broché
/ Prix : 38,00 Euros
Homme du Nord, Pierre-César Lagage est né à Croix, en 1911. Il meurt à Seclin en 1977. Après avoir étudié aux Beaux Arts de Roubaix, il s'installe à Montmartre. Depuis 1932, il expose régulièrement à Lille, Paris, Bruxelles, Copenhague, Zurich, Los Angeles, mais aussi en Pologne et en Suède. Il reçoit le très prestigieux Prix Lissone en 1957. Les musées de Roubaix, du Cateau-Cambresis et du Touquet, entre autres, lui ont consacré de grandes expositions. Peintre de son temps, doté d'une solide connaissance technique, et d'abore figuratif réaliste, attaché aux lumières du Nord et de la Baie de Somme, Lagage aborde dès 1949, une peinture abstraite très colorée, géométrique, puis gestuelle en 1954. Sensible, son oeuvre s'achève avec des compositions plus végétales proches des écorces.
ISBN : 978-2-35108-004-1 >>> Livres d'arts
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LIVRES ¤¤¤

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AUGUSTIN FERRANDO
/ par Patrick-Gilles Persin / Ed. Art InProgress / Album Arts / 160 pages / photos et illustrations couleurs / Format 24,5 x 27 cm / Relié sous couverture illustrée / Prix : 45,00 Euros
Augustin Ferrando, peintre orientaliste considéré comme le peintre " fauve " de l'Algérie, fût chez Cormon à Paris, le camarade d'ateler de Friesz et de Matisse. Il cotoya également Derain, Vlaminck, Léger et Utrillo.
" Au fil du temps, et jusqu'au soir de sa vie, son style et se technique picturale évoluent singulièrement, étonnamment, continuellement. Ainsi au plan de sa pratique habituelle, est-il bon de souligner qu'il utilise toujours comme support à son oeuvre d'abord la toile, puis le carton auquel succède le contreplaqué et il finit son parcours en peignant sur de l'isorel. Bien sûr, quelques toiles jalonnent encore son parcours. Mais il n'en reste pas moins que c'est là une chose tout à fait extraordinaie, un cas de figure vraisemblalement unique ". Patrick-Gilles Persin
ISBN : 978-2-35108-055-9 >>> Livres d'arts
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