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" James Ensor est l'un de ces peintres dont le drame aura été d'être né trop tôt. Il est pourrait-on dire, l'inventeur de l'expressionnisme bien des années avant que les critiques ne conduisent par opposition à l'impressionnisme à donner ce nom à un nouveau courant de la peinture moderne.
James Ensor avait la particularité de revendiquer pour le laid un place dans la peinture. Il considérait que la vie n'était avant tout qu'une vaste farce, dont il valait mieux rire en toute circonstance. Il cherchait à traquer dans les portraits et derrière les compositions de ses toiles l'épaisseur et le ridicule de l'apparence.
C'est pourquoi il peint souvent des visages dont il nous révèle que ceux-ci dissimulent la vie, et cachent des obsessions troubles; ces visages ne sont pour lui que des masques, dont la réalité est qu'ils ne sont finalement que des squelettes.
James Ensor sa vie durant aura cette obsession de la mort, et par la permanence d'une vision pessimiste du monde, il aimera parodier dans sa peinture, surtout pendant la première partie de sa vie, les parades, les défilés, les fêtes, les carnavals, et les manifestations populaires expression d'une condition humaine à ses yeux grotesque et peut-être méprisable.
Il n'a que vingt huit ans quand il réalise l'un des tableaux qui le rendra célèbre : " L'Entrée du Christ à Bruxelles" dans lequel toute l'originalité provocante et tout l'art d'Ensor se concentre.
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