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Billets d'humeur

NICOLAS DE STAËL - CENTRE POMPIDOU.


Quen est-il dune " Suvre " qui ne parle pas à limaginaire ?

Quen est-il dune " Suvre " qui ne parle pas, ou dont la seule expression serait celle dun désarroi profond, dune angoisse au delà des mots et dont lissue fatale est courue et connue davance par lartiste ?

Une " Suvre " peut elle, au simple prétexte déchapper aux schémas conventionnels ( abstraction contre figuration ou linverse) avoir pour seule ambition dexister de permettre à son auteur de vouloir se différencier ?

Je nhésite donc pas à reprendre et faire mienne cette déclaration de Marcel Duchamp : "  Ce sont les regardeurs qui font le tableau ".

Or donc, visitant récemment lexposition consacrée à Nicolas de Staël à Pompidou, jessayais vainement devant non pas le désolant spectacle mais plus précisément le spectacle de la désolation, de " faire le tableau ".

Le début semblait prometteur. De grandes toiles sourdes, lourdes dabstraction dont il convenait den extraire lessence pour pénétrer lSuvre et lartiste au plus profond de sa fatale réalité.

Des noirs, des ocres, des blancs, traités au couteau qui par des jeux subtils de nuance traduisaient une incontestable maîtrise technique mais dont la finalité méchappait totalement. Plus loin, il en fut de même pour les mosaïques inlassablement répétées comme un douloureux leitmotiv dont les sonorités scandaient un funeste destin réservé à son auteur.

Enfin, nous sommes passés au " Retour à la figuration " et à " La lumière du midi " qui devaient annoncer le triomphe de lespoir, de la couleur et de léblouissement visuel.

Mais lâme ne peut rompre les liens avec les démons qui la torturent.

Et même le traitement violent des couleurs ne peut endiguer, en dépit de leur prétendu éclat, les flots ténébreux jusquà la nausée de vivre qui hantent les pensées de lartiste.

Et il en sera ainsi jusquà lécarlate sale du " Concert ", lSuvre inachevée de Nicolas de Staël.

Christian Ronsmans


RENÉ MAGRITTE - GALERIE DU JEU DE PAUME


Quand on aborde le surréalisme, souvent on a tendance à traiter le cas " Magritte " comme soit, un événement marginal mais dépendant, soit comme une sorte de génie tutélaire, commandeur incontournable du mouvement.

En tout état de cause, il nest pas faux de voir en cette sorte de Monsieur Hire de la peinture, un phénomène paradoxal évoluant à contre-courant des modes et du temps qui passe.

Mais on ne peut pas pour autant considérer Magritte dans son individualité, son langage et sa conceptualisation du monde, en lexcluant de son entourage et son environnement.

Comme à Paris, il y eut une bande à Breton ( disloquée par les soins du maître) il y avait à Bruxelles une bande à Magritte. A moins que ce ne soit Magritte qui appartenait à une bande. Allez savoir.

Et ne voilà til pas quaprès 23 ans dabsence de la scène parisienne, la Galerie du Jeu de Paume organise une très belle et fort complète rétrospective de son Suvre.

Mais que peut-il y avoir de compréhensible dans lSuvre de cet artiste pour un regard parisien plus habitué au discours ratiocineur et ésotérique des surréalistes parisiens. Sans compter quil ny eut jamais de grand peintre surréaliste français. Ne loublions pas.

Et voilà bien le " hic ".

Car, Magritte est un étrange salmigondis de pensée concertée, de turbulence, dironie, dallégresse et de stratégie.

Lensemble paré des atours de la symbolique du Nord, des brouillards fantômatiques de la poésie en plein soleil ( chère à Paul Eluard) et de la poésie sombre et sauvage ( dans la lignée des Félicien Rops et autres James Ensor).

Si, moi, qui suis du plat pays, je nai guère été déconcerté par le déconcertant discours de Magritte, quelle ne fut pas ma stupéfaction devant les visages interdits et inexpressifs des visiteurs qui ne semblaient guère goûter à la fois la gravité et lhumour de la théorie picturale qui leur était offerte.

Louis Scutenaire, un pote de sa bande, et non des moindres, disait à son propos : " Magritte nest pas un peintre, cest un grand peintre ".

Plus loin, il rapporte que dans un sens ou un " non-sens " de la gaudriole ( quon retrouve encore aujourdhui en Belgique avec " lentarteur ", alias Noël Gaudin "), Magritte était un fervent adepte du "  coup de pied au cul ". Et, du reste, sans raison apparente, ni affectation particulière, avec la dignité dun Groucho Marx, il ne se privait pas de se livrer à son sport favori en bottant le derrière du premier venu à la grande stupeur de lintéressé.

Lexposition du Jeu de Paume me laisse entrevoir quil n a pas fini et que les coups de pied au cul posthumes sont toujours dactualité.`

Christian Ronsmans


OUSMANE SOW A VICHY ( LE CASINO).


Quel ne fut pas mon étonnement et je devrais même dire mon admiration devant le courage impétueux des Vichyssois de présenter une partie de lSuvre de cet artiste sénégalais.

Mais quelle ne fut pas, de surcroît, ma joie de constater lengouement venu de tous les coins de lAuvergne et de lAllier, avec une fréquentation quenvieraient les galeries et les musées parisiens.

Tout cela est très réjouissant. Il ny a pas que Paris en France et cest tant mieux. Si, Ousmane Sow, on sen souvient, connu un retentissant succès mérité sur le Pont des arts, il nest pas moindre à Vichy.

Jinvite donc, celles et ceux qui ne connaitraient pas cet artiste à se rendre au Casino de Vichy.

Ousmane Sow est sénégalais, kinésithérapeute de formation et sculpteur par nécessité et urgence.

Nécessité, car il est indispensable de faire savoir. Faire savoir qui sont ces Peuhls, ces Zoulous et autres Noubas du pays de Kô.

Urgence, car lhumanité est en danger ( ce nest pas moi, mais Hubert Reeves qui le dit) et les premiers qui risquent de disparaître sont les modèles des gigantesques statues de Sow.

Ousmane Sow est donc un sculpteur et il serait aussi vain que stupide de vouloir le comparer à des sculpteurs occidentaux, comme certains ignorants ont eu la vanité de le faire.

Ce sont des figures cosmiques quil nous est donné dadmirer. Entre ciel, le regard vers le soleil, et la terre, les pieds bien ancrés dans le sol, ce sont des géants de la nature, élancés quand ils sont Peuhls, trapus quand ils sont Zoulous ou musculeux quand ils sont Noubas.

Demi-Dieux ou héros divinisés, ils sont les garants de la tradition orale, de la vraie tradition, celle qui traverse les âges.

Et cest dans un combat épuisant du sculpteur avec la matière quOusmane Sow rend à la perfection leur expression cosmogonique et inaltérable.

Christian Ronsmans



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