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EXPOSITIONS PASSEES MONDE Année 2008
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Exposition terminée
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ETATS UNIS - NEW YORK : Metropolitan Museum of Art "Giorgio Morandi " Du 16 septembre au 14 décembre 2008
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images/Morandi1.jpg Giorgio Morandi
" Nature Morte " -1920
Huile sur toile 60, 5 x 66,5 cm
© Coll. Part. © ADAGP
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Giorgio Morandi est sans doute l'un des plus grands peintres du XXème siècle et l'un des maîtres de la nature morte et du paysage dans la tradition de Chardin et de Cézanne. Cette exposition qui réunit près de 110 oeuvres du maître italien : peintures à l'huile, aquarelles, dessins, et gravures, est la première grande rétrospective consacrée à cet artiste aux Etats-Unis.
Giorgio Morandi (1890-1964), né à Bologne, est l'aîné de cinq enfants. Il passe son enfance dans l'ancien Palais Bosisio de Bologne, détruit plus tard lors de la seconde Guerre Mondiale. Il a à peine seize ans lorsqu'il entame une carrière commerciale auprès de son père, mais il s'inscrit très vite à lEcole des Beaux-Arts, car il manifeste déjà un véritable intérêt pour la peinture.
Après la mort du père en 1909, sa famille s'installe au 36, Via Fondazza dans le complexe du couvent de Santa Cristina, près de la Maison Carducci. C'est ici que Giorgio Morandi, alors âgé de vingt ans, passera toute sa vie.
Dès 1910, dans le cadre de l'Académie des Beaux Arts, il recherche son style, mais il est très marqué par les oeuvres des peintres du Quattrocento comme Giotto, Piero della Francesca, Uccello, Masaccio, mais il fait surtout aussi la découverte de Cézanne.
Dès 1913, ayant obtenu son diplôme de l'Ecole des Beaux Arts, ses centres d'intérêts, tels que les peintures de paysage, changent. Il s'intéresse à une nouvelle peinture, au travers les contacts qu'il noue à partir de janvier 1914 avec les artistes " Futuristes ", tels que Osvaldo Licini, Mario Bacchelli, Giacomo Vespignani et Severo Pozzati
Il se joint alors à eux lors de plusieurs expositions ce qui l'amène au printemps 1914, à exposer à la Première Exposition Libre Futuriste, organisée par la Galerie Sprovieri de Rome.
Peu de temps après, il est engagé par la ville de Bologne comme enseignant à l'école élémentaire en arts plastiques. Il exercera ce métier jusqu'en 1929. En 1915, il est appelé sous les drapeaux, en raison de la guerre, mais après un mois et demi il tombe gravement malade et est réformé. Cette période jusqu'en 1918 le conduit à une réflexion sur son art et il est en même temps très impressionné par les oeuvres de Carlo Carrà et de Giorgio de Chirico, qui apportent une nouvelle dimension à la peinture, celle d'une réflexion à la fois poétique et métaphysique. Il produit à la suite de cette rencontre un ensemble de natures mortes fortement marquées par cette démarche introspective, à la fois poétique et conceptuelle.
ll entre par là dans une intense participation au débat d'un art italien qui se confronte alors au reste de l'Europe. Mais son enthousiasme de jeunesse s'évanouit rapidement dans la confrontation futuriste de laquelle il s'éloigne rapidement.
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Giorgio Morandi © ADAGP
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A partir de 1920, Morandi semble vouloir se refermer sur lui-même et se consacrer à ses propres recherches picturales et poétiques. Ses participations aux expositions diminuent sensiblement, tandis qu'en 1930, la chaire des Techniques de Gravure de l'Académie des Beaux-arts de Bologne lui est confiée . Morandi y enseignera pendant 26 ans. Peu dévénements, en dehors de quelques expositions internationales, ponctueront désormais sa vie artiste retranché dans la peinture.
En 1939, à la Quadriennale de Rome Morandi reçoit un second prix de peinture. soutenu dans son travail par Roberto Longhi, Lamberto Vitali, Cesare Brandi, Giulio Carlo Argan, Giuseppe Marchiori, Duilio Morosini et les jeunes de la revue Corrente. La Seconde Guerre Mondiale éclate. En 1940 l'Italie entra en guerre et Morandi est contraint de se retirer avec sa famille dans le village de Grizzana. Il poursuit là sa démarche et sa réflexion sur son art. La guerre finie, sans doute sur la lancée de la Quadriennale de Rome, les manifestations de reconnaissance à l'égard de ses oeuvres se multiplient : il reçoit le premier prix à la Biennale de Venise en 1948, le premier prix pour la gravure en 1953 et pour la peinture en 1957 à la Biennale de São Paulo au Brésil.
D'importantes expositions lui sont également consacrées : à la Galerie La Palma de Rome en mai 1945, à la Chalcographie Nationale de Rome en 1948 pour ses gravures, au Gemeentemuseum de l'Aja et aux New Burlington Galleries de Londres en 1954, au Kunstmuseum de Winterthur en 1956, puis à la World House Gallery de New York en 1957 et en 1961, et enfin à Siegen en 1960, où il lui est attribué le Prix Rubens.
Giorgio Morandi est malade depuis plus d'un an, lorsqu'il décède le 18 juin 1964, dans sa chère ville de Bologne quil navait jamais abandonnée, à l'âge de 74 ans.Cette consécration lui vaut aussi des témoignages d'admiration du cinéma italien d'après guerre, avec des metteurs en scènes comme Zavattini, De Sica, Visconti qui souhaitait le voir travailler avec lui pour son film "Locandiera" en 1952, comme Fellini qui expose ses tableaux dans le film "La Dolce Vita" en 1960, ou Antonioni dans "La Nuit" en 1961.
Giorgio Morandi ne peut être réellement identifié ou lié à une école de peinture spécifique. Bien sûr, il y a l'influence de Cézanne auquel il emprunte la densité des couleurs et des formes, mais il s'engage aussi dans une approche personnelle très forte, marquée par une sensibilité formelle subtile et raffinée, tant au travers ses paysages que dans ses natures mortes très travaillées par les innombrables nuances de ses couleurs et par leur dessin, conduisant le spectateur à une contemplation introspective, dans la suite des oeuvres des artistes de la Renaissance italienne.
Les natures mortes constituent la partie la plus importante des travaux et des oeuvres de Giorgio Morandi. Elles représentent le plus souvent un ensemble d'objets rangés de manière précise, pots, vases, bouteilles, auxquels se mêlent parfois un fruit ou un coquillage, posés avec méticulosité sur une étagère ou une table, pour être observés dans leurs moindres détails et peints en couleurs monochromes avec une précision géométrique, mais peut-être aussi comme un engagement à une réflexion philosophique sur le silence, la simplicité, l'esthétique ou la distanciation à tenir face au monde.
Metropolitan Museum of Art
(LMDA)
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Exposition terminée
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SUISSE - MARTIGNY : Fondation Pierre Gianadda " Balthus 100ème anniversaire " Du 16 juin 2008 au 23 novembre 2008
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Cette superbe rétrospective de la Fondation Pierre Gianadda consacrée à Balthus, de son vrai nom Balthasar Klossowski de Rola (1908 - 2001), à l'occasion du centenaire de sa naissance, invite le visiteur à un parcours au travers toute l'oeuvre de l'artiste, depuis les premières périodes et sur ses principaux sujets de prédilection : les portraits, les paysages, mais aussi les jeunes filles alanguies, qui constituent l'une des thématiques majeures de son travail.
Toules les oeuvres les plus significatives sont présentes, dans cette rétrospective depuis ses premièrs travaux consacrés à
" Mitsou, le chat ", en 1921, sous les encouragements de Rainer Maria Rilke, alors qu'il est encore enfant, en passant par " La Rue", ce tableau énigmatique réalisé en 1929, ou encore " Thérèse rêvant " de 1938, jusqu'au " Lever " de 1978, avec en fin de visite une pièce totalement consacrée aux innombrables dessins tous plus marqués de sensibilité les uns que les autres.
Après la première grande rétrospective qui lui est consacrée en 1956 par le Museum d'Art Moderne de New York qui lui permet d'être totalement reconnu, celle de la Tate Gallery en 1968, et après la grande rétrospective du Centre Georges Pompidou à Paris en 1983, et lexposition de la Fondation Pierre Gianadda de 1978, c'est ici l'une des plus grandes expositions consacrée à cet artiste de ces dernières années. Il est vrai que Balthus affectionnait particulièrement la Suisse, en ayant habité durant son enfance le Valais, puis de longues annnées à la fin de sa vie son chalet de La Rossinière en pays de Vaud jusqu'au 18 février 2001, où il laissa derrière lui une oeuvre totalement singulière de plus de 350 peintures.
Totalement autodidacte, il arrive à Paris en 1924 avec sa mère, proche de la famille d''André Gide. Sous la protection d'André Derain et de Pierre Bonnard, il se passionne rapidement pour la peinture. Il n'a alors que seize ans, et Paris est pour lui une ville remplie de mystère, d'étrangeté, et d'une lumière particulière, avec des lieux, des personnages, des odeurs qui l'envoûtent et lui procure une sensation pénétrante de mélancolie, et de solitude qui l'inspirent et dont il imprègnera ses premiers tableaux. Il écoute les conseils qu' André Derain et Pierre Bonnard lui prodiguent, mais il est fasciné par Nicolas Poussin, dont il s'exerce à copier les oeuvres au Louvre. Il est nostalgique de l'art du grand maître, mais aussi des personnages de Piero della Francesca ou de Masaccio et admire aussi les oeuvres de Gustave Courbet.
Dès lors, il s'inscrit au fil du temps dant le courant d'une peinture figurative nimbée de mystère dans un style qu'il emprunte au Quattrocento italien ou à la tradition classique française avec Poussin, Ingres ou Courbet.
Balthus, comme Alberto Giacometti qui est devenu l'un de ses amis, se méfie des tendances du surréalisme et de la peinture non figurative en vogue dans les années 1930.
Et il restera très attaché à la figuration tout au long de sa vie, en se démarquant des avant-gardes. "Depuis lontemps , la notion d'avant garde en peinture ne signifie plus rien. Les faux amateurs d'art, les spéculateurs achètent ce qu'ils ne savent pas déchiffrer, de peur de rater le coche. C'est le grand malentendu de l'art moderne. Ce phénomène a favorisé l'éclosion de la dictature de la non figuration, à laquelle s'opposent les dictatures expressionniste, surréaliste, minimaliste, non moins repoussantes et tout aussi prometteuses de réveils désagréables...Quand je peins, je n'essaie pas de m'exprimer, mais plutôt d'exprimer le monde" disait- il, (à Véronique Prat en février 1998 dans une interview au journal Le Figaro).
Dès le début des années trente, il peint des portraits de jeunes filles, des paysages en de grandes compositions, mais il s'intéresse aussi beaucoup à l'atmosphère urbaine . Avec "La Rue" qu'il peint en 1933, et qu'il montre pour sa première exposition à la Galerie Pierre en 1934, il fait scandale, mais aussi l'admiration d'André Breton, et de Jean Paul Sartre. Cette toile représente une rue dans laquelle des personnages évoluent avec leurs regards fixes et hypnotiques comme des automates, dans une existence séparée du monde. Il s'agit d'une même rue qu'il avait déjà peinte en 1929, avec des personnages absorbés par leur silence intérieur.
Balthus manifeste dans cette toile cette indépendance qui l'opposera de manière définitive au surréalisme, qu'il considérera toujours être une faillite de l'art. Résolument figuratif, ses tableaux au fil des années représenteront plus volontiers des scènes à la fois intimistes, insolites et érotiques, dans lesquelles, des jeunes filles, ou des personnages évoluent dans cette absence constante, repliée sur soi, et une pensée à la proie au rêve, au cauchemar ou à l' inconscient.
" Alice dans le miroir" qu'il peint en 1933 représente une jeune fille aux yeux aveugles, et ignorant le regard de l'autre posé sur sa nudité innocente. Ce ne sont pas les êtres, ni les choses que Balthus peint, mais les rapports d'absences et de silences qui lient les individus, comme une dissolution tragique de la communication. On est davantage avec Balthus dans les traces de l'existentialisme, car ce que l'on croit comprendre, au travers ses portraits de jeunes filles, c'est bien l'expression de la solitude de tout individu dans le monde, que rien ne caractèrise mieux que l'adolescence.
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Balthus :
" La Rue "
1929 Huile sur toile
129,5 x 162 cm
© Coll. Part. New York © ADAGP

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Balthus :
" Thérèse Rêvant "
1938 Huile sur toile
150,4 x 130,2 cm
© Coll. Part. Mexico © ADAGP

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Balthus
" Autoportrait"
© Coll. Part.
© ADAGP
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Balthus vers 1956
© Coll. Part.
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"La Toilette de Cathy", qu'il peint la même année est issue dun projet dillustration des Hauts de Hurlevent. Proche dAntonin Artaud et de sa conception du "Théâtre de la cruauté", Balthus réalise les décors et costumes de la fameuse représentation des Cenci . "Je veux, écrit-il, y mettre beaucoup, beaucoup de choses, de la tendresse, de la nostalgie enfantine, du rêve, de lamour, de la mort, de la cruauté, du crime, de la violence, des cris de haine, des rugissements et des larmes! Tout cela, tout ce qui est caché au fond de nous-mêmes, une image de tous les éléments essentiels de lêtre humain dépouillé de sa croûte épaisse de lâche hypocrisie! Un tableau synthétique de lhomme tel quil serait sil savait encore être grand. »
" Thérèse Rêvant "en 1938, ou " Les Beaux Jours " en 1944, ou encore " Deux jeunes filles " qu'il peint en 1949 transcrivent une dimension supplémentaire dans l'oeuvre de Balthus. Il y a de l'érotisme dans ces toiles, mais l'abandon de ces jeunes filles dans le sommeil ou dans le miroir traduisent essentiellement la fuite et l'éloignement du monde, l'abandon à un bonheur perdu et inconnu que procure le rêve. Le symbolisme s'exprime dans la traduction d'un bonheur qui est là en soi, davantage qu'il n'est avec les autres. Il figure une quête nostalgique de paradis perdus dans le passé des rêves ou de l'enfance.
Antonin Artaud qui l'avait rencontré en 1934, y voyait une "peinture de tremblement de terre" disait-il sous un calme factice. "Cette peinture tellurique sent la peste, la tempête et les épidémies".
Loin des modes, Balthus disait de lui même : "Je suis né dans ce siècle, mais j'appartiens bien davantage au XIXème siècle"
Voir dossier Balthus
Fondation Pierre Gianadda
(LMDA)
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Exposition terminée
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SUISSE - BÂLE : Kunstmuseum Basel
" Chaïm Soutine et le modernisme" Du 16 mars au 06 juillet 2008
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Chaïm Soutine
" Vue de Céret "
Huile sur toile
1919
© Coll. Part.
© ADAGP

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Chaïm Soutine
" Petite Place"
Huile sur toile
71 x 46,5 cm - 1929
© Art Institut of Chicago
© ADAGP
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Cette exposition présente une soixantaine d'oeuvres de Chaïm Soutine ( 1893 -1943 ) et fait suite à la grande exposition qui vient de lui être consacrée au à la Picanothèque de Paris.
Ce sont les tableaux de la collection Im Obersteg, qui constituent le point de départ de cette présentation et complètent un travail de redécouverte de lun des artistes les plus marquants de l'Ecole de Paris, mais aussi peut-être le moins connu. La confrontation de ses oeuvres avec celles de ses Modigliani, Chagall, Utrillo et dautres artistes comme Picasso, Braque ou Munch, révèle le contexte artistique de l'époque dans lequel évoluait Soutine. S'exprimant dans un style pictural éloigné des mouvements en vogue, bien qu'inspiré par différents aspects par la démarche fauviste, Soutine travaillait, avec les mêmes interrogations que ses contemporains.
A l'écart du mileu artistique à cause de sa personnalité très particulière, mais aussi par son art singulier, il resta longtemps ensuite assimilé à un artiste difficile, cela s'ajoutant alors à un antisémitisme ambiant qui l'avait marginalisé dès le premier jour où il était arrivé à Paris.
Aujourdhui encore il reste de lui limage d'un artiste maudit, du juif émigré sur qui pèse tous les interdits dune religion trop contraignante et dont le physique se prête à tous les clichés antisémites.
Cette exposition montre quel artiste génial il fut, et aussi l'observateur pertinent des âmes et des esprits. Les portraits de Soutine soulignent par exemple particulièrement les personnalités des modèles choisis, les caractères, les pensées, les travers aussi des personnages qu'il peint, dans une synthèse qui exhume la force de chacun deux, dans un genre quaucun artiste avant lui navait su exprimer.
Classifié plus tard dans le rang des artistes expressionniste, on peut en effet considérer qu'il est l'un des rares, voire le seul à pouvoir représenter ce mouvement en France, comparativement à ce qui se déroule en Allemagne ou en Autriche à la même période. Comme les artistes allemands ou autrichiens de cette époque, il est un véritable visionnaire. Il transcende la réalité et la transforme en une figuration imaginaire, à la croisée de plusieurs mouvements artistiques naissants. Tout en s'inspirant des artistes les plus classiques et les plus illustres, comme Rembrandt, Courbet, Corot, ou Cézanne, il est le précurseur des plus grands artistes de la deuxième partie du XXème siècle comme Pollock, De Kooning, Bacon ou Baselitz .
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D'origine lituanienne, Chaïm Soutine ( 1893 -1943 ) est issu d'une famille pauvre vivant misérablement dans les traditions et les principes religieux du Talmud dans le ghetto juif de leur village. Son père fait de la couture pour le compte d'un tailleur. Chaïm, timide et réservé est le dixième de onze enfants.Les études ne l'intéressent pas, et écolier, il passe de longs moments à dessiner des portraits de personnes quil rencontre.
En 1902, son beau frère l'accueille à Minsk, pour lui apprendre le métier de tailleur. Mais son désir de dessiner domine. Son ami, Michel Kikoine, qui partage la même passion du dessin, l'incite à prendre des cours de peinture. En 1909, il part à Vilna avec lui, où tous deux trouvent un emploi de retoucheurs chez un photographe.
En 1910, il passent son examen dentrée à lécole des Beaux-Arts. Kikoïne part pour la France en 1912.
Il décide l'année suivante de rejoindre son ami et c'est ainsi qu'il arrive à Paris en Juillet 1913, où il découvre un monde totalement différent de sa Russie natale.
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Chaïm Soutine
en 1934
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Paul Krémègne, l'un de ses amis russe rencontré à Vilna et venu lui aussi à Paris deux ans plus tôt, l'accueille et lui fait rencontrer les artistes du quartier de Montparnasse, parmi lesquels de nombreux peintres étrangers, que lon désignera ensuite sous le nom de lÉcole de Paris.
Soutine fréquente régulièrement le Musée du Louvre et il s'inscrit à l'Ecole des Beaux-Arts, tout en travaillant de nuit comme porteur à la Gare Montparnasse. Il est déjà malade, sans doute par les conséquences des années de privations et de souffrances de sa jeunesse en Russie. Traqué par la misère et par la maladie, il tente un jour de se suicider, mais il est sauvé par son ami Kikoïne.
En août 1914, c'est la guerre et lordre de mobilisation générale est donné en France. Soutine se porte volontaire. Il part creuser des tranchées, mais il est rapidement réformé à cause de son état de santé. Recensé comme émigrant juif, il obtient de la Préfecture de police un permis de séjour au titre de réfugié.
ll sinstalle alors Cité Falguière dans le XVème arrondissement de Paris. Le sculpteur Jacques Lipchitz lui présente Amedeo Modigliani, qui a été également réformé car atteint de tuberculose. Modigliani, qui est son aîné de dix ans lui voue une réelle affection et devient son ami. Tous deux liés par un destin semblable ne mangent que rarement à leur faim, et sadonnent volontiers à la boisson, et aux soirées avec les prostituées. Soutine peint beaucoup et va souvent dans les chemins aux abords de Paris à la recherche des paysages qui l'inspirent.
Modigliani lui présente le marchand d'art, Léopold Zborowski en 1918, avant que de partir se soigner pour sa tuberculose à Vence, dans le midi de la France. Soutine, de son côté ne s'adapte pas à la vie parisienne. Il est invité par Pierre Brune, à venir s'installer à Céret, dans les Pyrénées-Orientales. Quelques mois plus tard, fin Janvier 1920, il apprend la mort de son ami Modigliani. Ébranlé par cette disparition, il cesse de boire et suit les conseils de ses médecins pour salimenter correctement. Son estomac le fait de plus en plus souffrir. Sauvage, ombrageux, colérique et secret, il vit à l'écart et s'enferme dans la peinture. En été 1920, Zborowski vient chercher près de 200 toiles.
C'est alors que le docteur Albert Coombs Barnes un riche collectionneur américain, vient à Paris, pour collecter une série dSuvres contemporaines destinées à la fondation qu'il vient de créer à Philadelphie. Zborowski parvient à lui vendre soixante toiles de Soutine peintes à Céret, ce qui lui assure une soudaine renommée dans le mileu artistique.
Chaïm Soutine décide alors de partir dans le midi de la France à Cagnes pour peindre des séries de paysages aux couleurs les plus vives. Mais la région ne lui convient pas il revient à Paris. Souvent envahi par des doutes sur lui même, obsédé par des questions de formes et de couleurs, insatisfait de son travail, il ne cesse de s'interroger sur son art. Un jour, pris d'une soudaine colère, il contre lui même, il brûle un grand nombre des toiles qu'il avait peintes à Céret.
Vivant un peu mieux, il s'installe dans un atelier plus spacieux à Paris, à proximité du Parc Montsouris. Là, il se passionne pour la lecture et pour la musique, tout en peignant. Mais son voisinage est horrifié par les carcasses d'animaux écorchés ou éventrés qu'il prend alors comme modèle pour ses toiles, et se plaignent des odeurs putrides qui envahissent l'atelier et la rue.
C'est en juin 1927, que se tient le vernissage de la première exposition de ses Suvres. Il séjourne parfois dans la maison de campagne de Léopold Zborowski dans lIndre ou dans la propriété de Marcellin et Madeleine Castaing près de Chartres, avec qui il s'est lié damitié car grands amateurs dart. Leurs relations avec le milieu intellectuel, artistes ou écrivains tels que Blaise Cendrars, Erik Satie ou Henry Miller, permettent à Soutine de se faire connaître et d'être présent dans de nouvelles expositionset d'être retenu dans le choix de certaines grandes collections.
En 1929, il repart pour le midi de la France à Vence, où il peint une série consacrées aux arbres. Mais les acheteurs se font plus rares, car la crise économique née aux États-Unis vient de gagner l'Europe. En 1932, la marchand d'art Zborowski se trouve est ruiné et meurt à 43 ans dune crise cardiaque.
Soutine propose alors sa production à Marcellin et Madeleine Castaing qui lui permettent en 1935, d'être exposé à Chicago, avec une vingtaine d'oeuvres, ce pour la première fois aux États-Unis.
En 1937, une exposition lui est consacrée au Petit Palais à Paris. Il rencontre alors Gerda Groth, réfugiée juive allemande qui a fuit le régime nazi. Lorsque la guerre éclate, l'été 1939, ils partent vivre ensemble dans un petit village de lYonne .
Les juifs ont lobligation de se faire recenser. Le 15 mai 1940, Gerda est arrêtée et Soutine doit se cacher en différents lieux tout en retournant souvent à Paris pour se faire soigner.
Il touve à se réfugier à Champigny-sur-Veude, près de Tours avec une nouvelle compagne, Marie-Berthe Aurenche. Il poursuit la peinture malgré les douleurs les plus vives qui l'affectent en permanence et le plie de douleurs depuis de nombreuses d'années.
Fin juillet 1943, son état de santé se détériore soudainement et il cesse de peindre. Le 31 juillet au matin, il doit être hospitalisé. Avant dêtre transporté, il demande à se rendre à son atelier et brûle ses toiles. À lhôpital de Chinon, son état est jugé grave : un ulcère avec hémorragie interne est diagnostiqué. Il doît être opéré.
Il est dirigé vers Paris, mais les contrôles de la France occupée doivent être évités et le voyage savère plus long que prévu.
A son arrivée, le 7 août, il est opéré sans doute trop tardivement car il meurt deux jours plus tard. Son enterrement à lieu le 11 août, au cimetière du Montparnasse.
Kunstmuseum Basel
(LMDA)
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Exposition terminée
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AUTRICHE - VIENNE : Kunsthistorisches Museum " Guiseppe Arcimboldo " Du 11 février 2008 au 1er juin 2008
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Giuseppe Arcimboldo ( 1526 -1593), célèbre pour ses portraits en anamorphoses composés de plantes, de fruits, danimaux ou d'objets de toute nature, et reproduits de multiples fois tant dans les ouvrages scolaires que par la publicité, reste, paradoxalement, un peintre encore mystérieux.
Cette présentation exceptionnelle avec pour la première fois la présence d'une centaine de ses oeuvres et certaines oeuvres qui n'ont jamais été exposées, permet de révéler en cet artiste un véritable successeur de Léonard de Vinci.
Né en 1527 dans une famille de peintres de la noblesse milanaise, Giuseppe Arcimboldo réalise en 1549 sa première oeuvre reconnue, au travers la conception de cartons de vitraux pour la cathédrale de Milan, où il travaille aux côtés de son père, Biagio.
Quelques temps après en 1551, il reçoit de Ferdinand de Bohème, le futur empereur Ferdinand Ier, une commande pour la réalisation de blasons, qui assure sa renommée. Il devient peu après portraitiste de cour à Prague, auprès de l'empereur.
En 1562, il part pour Vienne au service du roi Maximilien et débute alors pour lui une carrière de vingt-cinq années à la cour des Habsbourg. Après Ferdinand Ier, Maximilien II, et Rodolphe II admirent son esprit inventif et ses compositions originales.
En effet en marge de son activité de portraitiste -copiste de la famille impériale, oubliée aujourd'hui en raison des difficultés didentification de certains de ces tableaux de facture classique, il réalise en effet les fameuses séries anamorphiques des Quatre Saisons en 1563, des Quatre Eléments en 1566 et la série des métiers qui suscitent à la fois ladmiration, le respect et l'amusement de ses contemporains.
Le chef-dSuvre qui lui est reconnu est son portrait de
" Rodolphe II en Vertumne", le dieu grec des récoltes et de l'abondance qu'il peint plus tardivement vers 1590.
De nombreuses autres charges lui sont confiées chez les Habsbourg : il est certes peintre et dessinateur, mais il est aussi maître de cérémonie et organisateur des célébrations et festivités de la famille impériale, créateur de jeux d'eau, découvreur et acquéreur d'objets d'art et d'antiquités pour son souverain, expert et illustrateur en sciences naturelles.
Il est un esprit universel à l'image de Léonard de Vinci et s'emploie durant ses années de cour, dans un climat propice aux échanges d'idées, à observer par exemple la flore et la faune, et à travailler à l'illustration d'ouvrages scientifiques, à observer les techniques et les métiers de ses contemporains, à inventer des diverstissements comme ses tableaux que l'on peut regarder à l'endroit, comme à l'envers dans les deux sens et à renouveler le genre du portrait classique.
Il est annobli par l'empereur Rodolphe II en devenant Comte Palatin en 1590, et obtient de lui de pouvoir revenir dès 1587 en Italie. "Flora " sera l'un de ses derniers tableaux, qu'il peint à Milan où il vit retiré . Il meurt le 11 juillet 1593.
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Guiseppe Arcimboldo
" Le bibliothécaire "
Huile sur toile
100 x 76,5 cm - 1565
© Skokloster Slott - Suède
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Guiseppe Arcimboldo
Autoportrait
Huile sur toile
vers 1570
© Coll. part.
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Adulé de son vivant, Arcimboldo après sa mort tombe dans loubli, et ses Suvres sont vites oubliées, et mal comprises par leur caractère étrange ou extravagant.
C'est le début du XXème siècle qui permet à Arcimboldo de sortir de l'oubli définitif, grâce aux artistes surréalistes qui considérent alors le peintre comme étant l'un des précurseurs de lart moderne.
Parmi les Seuvres méconnues d'Arcimboldo présentées dans cette exposition, figurent par exemple le carton d'une tapisserie réalisée en 1558 pour la cathédrale de Côme, quelques portraits classiques des membres de la cour impériale, des études animalières, des études pour des projets de char, ou encore des esquisses pour costumes, au côté bien sûr des différentes séries qui ont fait sa récente célébrité.
Un autre aspect intéressant de cette superbe exposition est de replacer Giuseppe Arcimboldo dans son époque, au XVIème siècle, avec l'accrochage d'Suvres de ses contemporains comme Bernardino Luini, Giovan Palolo Lomazzo, ou encore Carlo Urbino et son "Art Culinaire", portrait réalisé à partir d'ustensiles de cuisine.
Par ailleurs des objets d'art venant du célèbre cabinet des curiosités de Rodolphe II, et des ouvrages illustrés par l'artiste permettent aussi de comprendre le contexte de l'époque dans lequel il a évolué avec son goût de la découverte et sa curiosité pour l'art fantastique.
Il faut cependant se rappeler qu'à son époque existait la tradition depuis l'antique, d' un goût pour les masques formés à partir d'éléments pris dans la nature. Des artistes tels que Léonard de Vinci et Jérôme Bosch, sétaient déjà intéressés aux visages monstrueux, et aux compositions à base déléments détournés.
Kunsthistorisches Museum
(LMDA)
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Exposition terminée
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ALLEMAGNE - HAMBOURG : Hamburger Kunsthalle " Félix Vallotton " Du 15 février au 18 mai 2008
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Le peintre Félix Vallotton (18651925) était un véritable observateur de son époque. Très lucide et claivoyant sur la vie et les moeurs de son époque, il ne manquait jamais d'ajouter dans ses peintures cette pointe d'ironie critique, notamment dans ses scènes bourgeoises ou dans ses nus, acquise lorsqu'il avait étudié à partir de 1882 dans le cercle des Nabis à Paris et qu'il avait travaillé comme illustrateur dans des journaux avant-gardistes .
Cette exposition qui réunit 90 oeuvres présente essentiellement, comme le suggère son titre, les tableaux liés à la vie quotidienne et bourgeoise de ses contemporains, dans leur interrogation sur les thèmes de leurs relations mondaines ou sentimentales.
C'est ainsi que ses scènes de la vie courante et ses nus montrent sans pudeur au travers son oeil critique, les travers et les mascarades de ses contemporains, comme autant de modèles d'une certaine bêtise des hommes et de la société.
Bien que formé à un certain académisme à l'Académie Julian et à l'Ecole des Beaux Arts de Paris, la connaissance qu'il acquiert des techniques de gravure et de la lithographie, lui permet de quitter la peinture descriptive qui était la sienne, pour une oeuvre plus personnelle à partir de 1895, notamment avec un tableau tel que " Femme au bain se coiffant", peinte quelque temps après en 1895, et qui marque un tournant dans l'évolution du peintre .
Il a présenté des tableaux au Salon des Indépendants de 1893 qui le font remarquer avec en particulier "Le Bain au Soir d'Eté ", mais il se distingue rapidement dans le milieu artistique, non seulement par son style, mais également par les thèmes quil aborde de manière à la fois ironique et critique. Il se passionne aussi pour le portrait, mais l'activité d'illustrateur ou de journaliste qu'il conserve le conduit à refuser de sauvegarder les apparences de la vie bourgeoise, sans craindre les allusions caricaturales.
Son oeuvre se démarque davantage par sa démarche et son style que par sa technique picturale. Il est un peintre que l'on pourrait qualifier d'indiscret, mais toujours traversé d'un esprit critique teinté dhumour noir et de raillerie grinçante, voire caustique.
Les allusions fréquentes, à la limité parfois du supportable pour certains de ses contemporains, font de lui un peintre dérangeant situé à lavant-garde sur le plan international .
Il voyage beaucoup et s'intéresse aussi à la peinture de paysages, comme en 1902, où il découvre par exemple Honfleur et sa région, et la Bretagne à Locquirec, ou la Normandie, mais toujours dans ce style particulier et dépouillé qui est le sien. Sur le plan stylistique, en effet, tant pour ses natures mortes aux couleurs vives et intense que pour ses paysages vides, sans personnage, tout en clair-obscur, comme pour ses portraits, il reste d'une rigueur froide.
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Félix Vallotton
"Femme au Bain se coiffant "
1895
Tempéra sur carton 39 x 36 cm
© Coll. Part.
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Félix Vallotton et Gabrielle Rodrigues-Henriques, sa femme
en 1911 à Honfleur
© Archives Vallotton Lausanne
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Bien sûr les portraits se prêtent plus facilement à son esprit ironique, par exemple lorsqu'il coiffe du dernier chic les personnages historiques et mythologiques ou pour les nus où les femmes montrent leur corps dans toute leur nature dans un environnement stylisé.
Il est vrai que Vallotton, est aussi un grand admirateur de Holbein, de Dürer, de Cranach ou d'Ingres. Ses tableaux sont souvent marqués d'allusions ou de messages ambigus, dans une oeuvre à la fois froide, critique, distanciée et parfois mystérieuse, qui intrigue le spectateur et qui font apparaître des éléments formels qui deviendront plus tard des éléments déterminants dans la peinture surréaliste.
Voir dossier Félix Vallotton
Hamburger Kunsthalle
(LMDA)
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Exposition terminée
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ETATS UNIS - CHICAGO : Art Institute
" Edward Hopper" Du 16 février au 10 mai 2008
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Dans la suite de l'exposition de la National Gallery of Art de Washington, l'Art Institute propose l'une des premières grandes expositions consacrées depuis plus de 25 ans au peintre américain Edward Hopper, la dernière grande rétrospective américaine de l'oeuvre d'Hopper remontant à 1980 au Whitney Museum de New York
Edward Hopper (1882-1967) est le peintre d'une Amérique profonde qui s'interroge sur les mutations du monde moderne et sur les angoisses profondes des hommes de son époque. Il nous représente les images de la solitude et de l'absence, du silence et l'attente, comme autant d'énigmes de l'existence et du désir, du temps et de la mort. Ses oeuvres sont probablement parmi les représentations les plus fortes de l'angoisse humaine dans l'art contemporain.
Cette rétrospective rassemble près d'une centaine d'oeuvres, faite des dessins, d'aquarelles et huiles dont le fameux tableau "Nighthawks" de 1942 , qui représente au travers la vitre d'un café dans la nuit, un couple accoudé au comptoir dans l'éclairage d' une lumière blafarde.
Edward Hopper est un peintre réaliste, mais énigmatique dans la simplicité de son inspiration. Son oeuvre figurative rassemble avec évidence une force et une profondeur intérieure qui projette au delà de l
' immédiate objectivité, et conduit le spectateur à s'interroger sur la réalité, sa réalité, la réalité du monde, et l'illusion de la réalité.
Né et formé à New York, Edward Hopper n'a jamais appartenu à aucun mouvement, ni à aucune école. Inscrit à la New York Scholl of Art en 1900, il suit les cours de Robert Henri et s'intéresse à l'oeuvre de Manet, mais aussi à celle des peintres tels que Daumier, Courbet, Degas, Gauguin ou encore Van Gogh.
Il est également très marqué par l' impressionnisme français, auquel il fait référence comme Pissarro, Renoir, mais aussi Sisley, qui resteront longtemps comme les repères d'une sorte d'inspiration souterraine permanente dans son oeuvre. Son intérêt pour la culture française l'aménera d'ailleurs à faire plusieurs séjours à Paris entre 1906 et 1910. Dès 1906, d'ailleurs il est fasciné par la physionomie et l'ambiance de la ville : " Les rues y sont très anciennes, encaissées, et les façades qui s'inclinent en arrière à partir de la base du premier étage confèrent une physionomie massive et très imposante aux maisons. Les débits de boisson et les boutiques de rez-de-chaussée sont de couleur rouge ou vert sombre, ce qui tranche violemment sur le reste de la façade. Sur les toits se dressent des centaines de cheminées avec leur mitre qui donnent un aspect particulier à l'horizon. les toits sont tous à la Mansard, couverts d'ardoise grise ou de zinc.. par temps couvert, ce même gris-bleu iùrègne toute chose ..." ( lettre à sa soeur du 29 novembre 2006). Cela l'aménera à peindre en 1907 des oeuvres telles que " Le Louvre et la Seine", " Boulevard St Michel", " Pont du Carroussel dans le brouillard ", " Notre Dame " et de nombreux autres tableaux sur Paris, probablement aussi sous l'influence d'Albert Marquet, dont il découvre la peinture dans une exposition à la Galerie Druet. Il est intéressé par le mode de vie des parisiens qu'il représente dans de nombreux dessins, mais aussi par les femmes françaises qu'il considère comme de redoutables séductrices, et auxquelles il ne manquera pas de penser dans des oeuvres de maturité, telles " Summertime " en 1923, ou " Night Windows " en 1928 .
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images/Hopper11.jpg
Edward Hopper :
" Automat "
1927
Huile sur toile 71,4 x 91,5 cm
© Des Moines Art Center
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Edward Hopper - 1950-
Photo de George Platt Lynes (1907-1955), ©
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De retour aux Etats-Unis, en 1908 il est contraint de gagner sa vie comme illustrateur, mais parvient à participer à une exposition où il présente trois toiles et un dessin réalisés en France, mais sans succès. Il revient brièvement en France, dont il apprécie tant la langue et la culture puis visite l'Espagne avant de revenir à New York en mai 1910.
Là, il continue à peindre ses souvenirs de Paris et présente dans des expositions des oeuvres inspirées par la France mêlées aux tableaux qu'il peint de New York ou de la campagne américaine, avant d'épouser en juillet 1924, Joséphine Verstille Nivison, " Jo ", qui partage son amour pour la culture française.
La fin de l'année 1924 marque une rupture dans l'oeuvre d'Hopper, dans le sens où il décide de rompre avec cette nostalgie de la France et de peindre en observation directe la vie américaine. Il dit " Aujourd'hui ou dans un proche avenir, il faudra bien retirer l'art américain à sa mère française ".
A partir de là, c'est à une peinture strictement de sujets américains qu'il s'attèle. Les oeuvres peintes en extérieur deviennent rares, et les scènes d'actions en suspens de la vie américaine se multiplient. Depuis son appartement de Greenwich Village qu'il habitera toute sa vie, il saisit les toits new-yorkais avec leurs citernes, comme dans "Roofs" en 1926, les façades de briques rouges dans"Early Sunday Morning", en 1930, les intérieurs de chambres d'hôtel dénudées dans "Night Windows" en 1928 ou encore les stations d'essence désertes , comme dans "Gas" en 1940.
Il devient le peintre de la vie et de la réalité au quotidien, avec des compositions où des personnages énigmatiques et solitaires, prennent place de plus en plus souvent, telle cette ouvreuse de cinéma plongée dans ses pensées dans "New York Movie" en 1939.
Il s'intéresse dans son atelier à l'architecture des maisons, de la ville, puis aux rendus de la lumière dans les intérieurs clos et aux caractères des personnages qu'il représente souvent seuls comme enfermés dans le silence et la solitude.
Une oeuvre telle que " Morning Sun " en 1952 constitue un des exemples les plus marquants de l'évolution de la peinture d'Hopper. Cette femme de "Morning Sun", est une femme qui a vieilli, assise sur son lit, face à sa fenêtre ouverte sur les toits de la ville et au soleil levant. Edward Hopper y représente à la fois la profonde solitude, l'attente, le regard porté sur le passé, et une certaine obssession charnelle de la mort. Ces thèmes sont plus récurrents dans ces années d'après guerre : les regards, les gestes suspendus, les silences, les rêveries dans des univers dépouillés gagnent son oeuvre, comme une réalité obsédante de l'existence, jusqu'à la disparition même du sujet comme dans "Rooms by the sea " peinte en 1951, où il ne reste plus qu'une porte ouverte directement sur la profondeur de la mer.
Edward Hopper a souvent inspiré les cinéastes, notamment Alfred Hitchcock, qui choisira dans "Psychose" une maison sur le modèle d'une demeure victorienne peinte par Hopper. Connu pour ses profonds silences lorsqu'on un journaliste l'interrogeait, Edward Hopper avait souvent coutume de répondre: "Si vous pouviez le dire avec des mots, il n'y aurait aucune raison de le peindre".
Art Institute of Chicago
(LMDA)
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Exposition terminée
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GRANDE BRETAGNE - LONDRES : British Museum " L'armée en terre cuite du Premier Empereur de Chine" Du 13 septembre au 06 avril 2008
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Une vingtaine de soldats d'argile de Qin Shihuang et quelques 120 objets retracent dans cette exposition exceptionnelle du British Museum, l'histoire du premier empire de Chine, et permettent au public européen de mieux connaître une partie de ce qui est considérée par de nombreux spécialistes comme l'une des découvertes archéologiques majeures des cent dernières années.
La découverte par un paysan en 1974, dans la province du Shaanxi, au centre de la Chine, à 40 kilomètres de Xian, du tombeau du premier empereur de Chine, et de son armée de plus de 6 000 guerriers et chevaux en terre cuite, grandeur nature, restée enfouie pendant plus de 2000 ans, a permis de reconstituer une page essentielle de l'histoire de la Chine. Cette garde d'honneur du tombeau de Qin Shihuang le Premier Empereur de la dynastie des Qin (259-210 av. J.C.), qui unifia la Chine, fit construire la Grande Muraille et se déclara le premier empereur de l'Empire du Milieu, était enterrée dans une fosse de 1,5 hectare.
Les fouilles ont permis aux archéologues de mettre au jour plusieurs fosses, dont l'une contenait des guerriers et des chars en bois, ce qui rend la découverte encore plus étonnante, tandis que 1000 guerriers en terre cuite ont pu être retrouvés dans une seconde fosse .
Tandis que la première fosse a pu révéler une force militaire combinée de chars de bois et de guerriers en formation de combat rectangulaire, la seconde fosse contenait des unités séparées faites de chars, cavaliers, archers et fantassins, avec les chars comme force principale, formées en carré et reliées aux trois autres pour former un polygone, tous les guerriers des quatre unités portant des armes réelles.
Les arbalétriers alignés debout devant les archers à genoux, armés d'arcs devaient permettre aux archers de tirer tour à tour sans donner à l'ennemi un répit qui lui permettrait de contre-attaquer. Une unité de cavaliers positionnée d'un côté et celle de chars de l'autre, formaient les deux ailes de la troupe, suivie d'une combinaison de fantassins et de chars positionnés à l'arrière.
Les chars attelés de quatre chevaux en terre cuite dirigés par un conducteur assisté de deux aides, tous équipés d'armure, et armés de lances, d'épées et d'arbalètes, indiquent qu'ils pouvaient s'engager dans les combats à longue ou courte distance ou dans les corps à corps. L'équipement des cavaliers montre également que le tir à dos de cheval était une pratique courante, alors que les cheavux portaient des selles sans étriers, lesquels furent inventés plus tard.
Une troisième fosse plus petite que les deux autres, contenait 68 guerriers portant des armes défensives et un char de bois attelé de quatre magnifiques chevaux. Les spéclialistes estiment qu'il s'agissait sans doute du quartier général du commandement des troupes .
En outre, une quatrième fosse inachevée a pu être mise au jour, dont on estime que les travaux furent stoppés probablement à la suite des insurrections paysannes qui eurent lieu dès la mort de l'Empereur.
Au total ce sont donc plus de 10 000 armes réelles qui ont pu être sorties de ces fosses, y compris flèches, épées, lances et hallebardes, et certaines, telles que des pointes de flèches en métal restaient brillantes et tranchantes. Ces dernières composées d'un mélange de cuivre, d'étain et de plomb étaient des armes redoutables, car par leur alliage elles constituaient des pointes empoisonnées.
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Armée de terre cuite
de l'empereur Qin Shihuang - Xian - Chine ©
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Soldat de l'armée de terre cuite
de l'empereur Qin Shihuang - Xian - Chine ©
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Le premier empereur de Chine Qin Shihuang ©
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Qin Shihuang, premier empereur de Chine, né sous le nom de Ying Zhen en 259 avant J-C, avait accédé au trône à l'âge de 13 ans, en 246 avant J.C. Il passa les 25 premières années de son règne dans des combats cruels jusqu'à ce qu'il eut conquis six des états rivaux pour fonder son empire.
Il adopta après la fondation de la dynastie des mesures d'envergure telle l'unification de la loi, une monnaie commune, l'utilisation de l'écriture, mais aussi mis en place une administration centralisée, avec des dispositions très sévères contre son peuple, en enterrant vivants ses opposants ou les intellectuels de l'époque, en interdisant les livres et en organisant des autodafés. Cela provoqua l'indignation des chroniqueurs chinois de l'époque, qui gardèrent sous silence ses réalisations telle la première Grande muraille, largement antérieure à celle que l'on connaît aujourd'hui et qui date de la dynastie Ming (14e-17e siècle), ou les nombreux palais construits autour de Xian, ainsi que l'existence de son tombeau.
Pendant les 36 années de son règne, ce sont plus de 700 000 ouvriers ou esclaves qui furent utilisés pour construire son palais souterrain et reproduire les armées de son tombeau qui reste aujourd'hui en parfait état de conservation. Obsédé par la mort, Qin Shihuang avait donc ainsi fait reproduire en argile la société et la cour qui l'entouraient de son vivant, pour la conserver éternellement, et se faire considérer sans doute après sa disparition, comme une divinité.
Le site de Xian est aujourd'hui le plus important site archéologique au monde, avec les mille soldats ont pu déjà être complétement dégagés de la terre, mais le tombeau lui-même de l'empereur n'a pas été fouillé jusqu'à maintenant, et pourrait même ne jamais l'être, la loi chinoise en vigueur interdisant jusqu'à maintenant, d'ouvrir les tombeaux des empereurs
British Museum
(LMDA)
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Exposition terminée
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ETATS UNIS - WASHINGTON : National Gallery of Art
" Edward Hopper" Du 16 septembre au 21 janvier 2008
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La National Gallery of Art de Washington, propose l'une des premières grandes expositions consacrées depuis plus de 25 ans au peintre américain Edward Hopper, la dernière grande rétrospective américaine de l'oeuvre d'Hopper remontant à 1980 au Whitney Museum de New York
Edward Hopper (1882-1967) est le peintre d'une Amérique profonde qui s'interroge sur les mutations du monde moderne et sur les angoisses profondes des hommes de son époque. Il nous représente les images de la solitude et de l'absence, du silence et l'attente, comme autant d'énigmes de l'existence et du désir, du temps et de la mort. Ses oeuvres sont probablement parmi les représentations les plus fortes de l'angoisse humaine dans l'art contemporain.
Cette rétrospective rassemble près d'une centaine d'oeuvres, faite des dessins, d'aquarelles et huiles dont le fameux tableau "Nighthawks" de 1942 , qui représente au travers la vitre d'un café dans la nuit, un couple accoudé au comptoir dans l'éclairage d' une lumière blafarde.
Edward Hopper est un peintre réaliste, mais énigmatique dans la simplicité de son inspiration. Son oeuvre figurative rassemble avec évidence une force et une profondeur intérieure qui projette au delà de l
' immédiate objectivité, et conduit le spectateur à s'interroger sur la réalité, sa réalité, la réalité du monde, et l'illusion de la réalité.
Né et formé à New York, Edward Hopper n'a jamais appartenu à aucun mouvement, ni à aucune école. Inscrit à la New York Scholl of Art en 1900, il suit les cours de Robert Henri et s'intéresse à l'oeuvre de Manet, mais aussi à celle des peintres tels que Daumier, Courbet, Degas, Gauguin ou encore Van Gogh.
Il est également très marqué par l' impressionnisme français, auquel il fait référence comme Pissarro, Renoir, mais aussi Sisley, qui resteront longtemps comme les repères d'une sorte d'inspiration souterraine permanente dans son oeuvre. Son intérêt pour la culture française l'aménera d'ailleurs à faire plusieurs séjours à Paris entre 1906 et 1910. Dès 1906, d'ailleurs il est fasciné par la physionomie et l'ambiance de la ville : " Les rues y sont très anciennes, encaissées, et les façades qui s'inclinent en arrière à partir de la base du premier étage confèrent une physionomie massive et très imposante aux maisons. Les débits de boisson et les boutiques de rez-de-chaussée sont de couleur rouge ou vert sombre, ce qui tranche violemment sur le reste de la façade. Sur les toits se dressent des centaines de cheminées avec leur mitre qui donnent un aspect particulier à l'horizon. les toits sont tous à la Mansard, couverts d'ardoise grise ou de zinc.. par temps couvert, ce même gris-bleu iùrègne toute chose ..." ( lettre à sa soeur du 29 novembre 2006). Cela l'aménera à peindre en 1907 des oeuvres telles que " Le Louvre et la Seine", " Boulevard St Michel", " Pont du Carroussel dans le brouillard ", " Notre Dame " et de nombreux autres tableaux sur Paris, probablement aussi sous l'influence d'Albert Marquet, dont il découvre la peinture dans une exposition à la Galerie Druet. Il est intéressé par le mode de vie des parisiens qu'il représente dans de nombreux dessins, mais aussi par les femmes françaises qu'il considère comme de redoutables séductrices, et auxquelles il ne manquera pas de penser dans des oeuvres de maturité, telles " Summertime " en 1923, ou " Night Windows " en 1928 .
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images/Hopper22.jpg
Edward Hopper :
" Morning Sun "
1952
Huile sur toile 71,4 x 101,9 cm © Columbus Museum of Art
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Edward Hopper - 1950-
Photo de George Platt Lynes (1907-1955), ©
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De retour aux Etats-Unis, en 1908 il est contraint de gagner sa vie comme illustrateur, mais parvient à participer à une exposition où il présente trois toiles et un dessin réalisés en France, mais sans succès. Il revient brièvement en France, dont il apprécie tant la langue et la culture puis visite l'Espagne avant de revenir à New York en mai 1910.
Là, il continue à peindre ses souvenirs de Paris et présente dans des expositions des oeuvres inspirées par la France mêlées aux tableaux qu'il peint de New York ou de la campagne américaine, avant d'épouser en juillet 1924, Joséphine Verstille Nivison, " Jo ", qui partage son amour pour la culture française.
La fin de l'année 1924 marque une rupture dans l'oeuvre d'Hopper, dans le sens où il décide de rompre avec cette nostalgie de la France et de peindre en observation directe la vie américaine. Il dit " Aujourd'hui ou dans un proche avenir, il faudra bien retirer l'art américain à sa mère française ".
A partir de là, c'est à une peinture strictement de sujets américains qu'il s'attèle. Les oeuvres peintes en extérieur deviennent rares, et les scènes d'actions en suspens de la vie américaine se multiplient. Depuis son appartement de Greenwich Village qu'il habitera toute sa vie, il saisit les toits new-yorkais avec leurs citernes, comme dans "Roofs" en 1926, les façades de briques rouges dans"Early Sunday Morning", en 1930, les intérieurs de chambres d'hôtel dénudées dans "Night Windows" en 1928 ou encore les stations d'essence désertes , comme dans "Gas" en 1940.
Il devient le peintre de la vie et de la réalité au quotidien, avec des compositions où des personnages énigmatiques et solitaires, prennent place de plus en plus souvent, telle cette ouvreuse de cinéma plongée dans ses pensées dans "New York Movie" en 1939.
Il s'intéresse dans son atelier à l'architecture des maisons, de la ville, puis aux rendus de la lumière dans les intérieurs clos et aux caractères des personnages qu'il représente souvent seuls comme enfermés dans le silence et la solitude.
Une oeuvre telle que " Morning Sun " en 1952 constitue un des exemples les plus marquants de l'évolution de la peinture d'Hopper. Cette femme de "Morning Sun", est une femme qui a vieilli, assise sur son lit, face à sa fenêtre ouverte sur les toits de la ville et au soleil levant. Edward Hopper y représente à la fois la profonde solitude, l'attente, le regard porté sur le passé, et une certaine obssession charnelle de la mort. Ces thèmes sont plus récurrents dans ces années d'après guerre : les regards, les gestes suspendus, les silences, les rêveries dans des univers dépouillés gagnent son oeuvre, comme une réalité obsédante de l'existence, jusqu'à la disparition même du sujet comme dans "Rooms by the sea " peinte en 1951, où il ne reste plus qu'une porte ouverte directement sur la profondeur de la mer.
Edward Hopper a souvent inspiré les cinéastes, notamment Alfred Hitchcock, qui choisira dans "Psychose" une maison sur le modèle d'une demeure victorienne peinte par Hopper. Connu pour ses profonds silences lorsqu'on un journaliste l'interrogeait, Edward Hopper avait souvent coutume de répondre: "Si vous pouviez le dire avec des mots, il n'y aurait aucune raison de le peindre".
Cette exposition se conclut par l'une des dernières toiles de Hopper, plus épurée que jamais, à la limite de l'abstractio : " Sun in an empty room" peinte en 1963, alors qu'il avait 80 ans, quatre ans avant sa mort. Un rayon de lumière éclaire un mur vide. Une personne lui ayant demandé ce qu'il avait recherché dans cette toile, il avait alors répondu: "C'est moi que je cherchais".
National Gallery of Art - Washington
(LMDA)
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Exposition terminée
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SUISSE - ZURICH : Kunsthauss
" Félix Vallotton : idylle au bord du gouffre" Du 05 octobre 2007 au 13 janvier 2008
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Le peintre Félix Vallotton (18651925) était un véritable observateur de son époque. Très lucide et claivoyant sur la vie et les moeurs de son époque, il ne manquait jamais d'ajouter dans ses peintures cette pointe d'ironie critique, notamment dans ses scènes bourgeoises ou dans ses nus, acquise lorsqu'il avait étudié à partir de 1882 dans le cercle des Nabis à Paris et qu'il avait travaillé comme illustrateur dans des journaux avant-gardistes .
Cette exposition qui réunit 90 oeuvres présente essentiellement, comme le suggère son titre, les tableaux liés à la vie quotidienne et bourgeoise de ses contemporains, dans leur interrogation sur les thèmes de leurs relations mondaines ou sentimentales.
C'est ainsi que ses scènes de la vie courante et ses nus montrent sans pudeur au travers son oeil critique, les travers et les mascarades de ses contemporains, comme autant de modèles d'une certaine bêtise des hommes et de la société.
Bien que formé à un certain académisme à l'Académie Julian et à l'Ecole des Beaux Arts de Paris, la connaissance qu'il acquiert des techniques de gravure et de la lithographie, lui permet de quitter la peinture descriptive qui était la sienne, pour une oeuvre plus personnelle à partir de 1895, notamment avec un tableau tel que " Femme au bain se coiffant", peinte quelque temps après en 1895, et qui marque un tournant dans l'évolution du peintre .
Il a présenté des tableaux au Salon des Indépendants de 1893 qui le font remarquer avec en particulier "Le Bain au Soir d'Eté ", mais il se distingue rapidement dans le milieu artistique, non seulement par son style, mais également par les thèmes quil aborde de manière à la fois ironique et critique. Il se passionne aussi pour le portrait, mais l'activité d'illustrateur ou de journaliste qu'il conserve le conduit à refuser de sauvegarder les apparences de la vie bourgeoise, sans craindre les allusions caricaturales.
Son oeuvre se démarque davantage par sa démarche et son style que par sa technique picturale. Il est un peintre que l'on pourrait qualifier d'indiscret, mais toujours traversé d'un esprit critique teinté dhumour noir et de raillerie grinçante, voire caustique.
Les allusions fréquentes, à la limité parfois du supportable pour certains de ses contemporains, font de lui un peintre dérangeant situé à lavant-garde sur le plan international .
Il voyage beaucoup et s'intéresse aussi à la peinture de paysages, comme en 1902, où il découvre par exemple Honfleur et sa région, et la Bretagne à Locquirec, ou la Normandie, mais toujours dans ce style particulier et dépouillé qui est le sien. Sur le plan stylistique, en effet, tant pour ses natures mortes aux couleurs vives et intense que pour ses paysages vides, sans personnage, tout en clair-obscur, comme pour ses portraits, il reste d'une rigueur froide.
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Félix Vallotton
" La Haine "
Huile sur toile -1908
206 x 146 cm © Musée d'Art et d'Histoire - Genève
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Félix Vallotton et Gabrielle Rodrigues-Henriques, sa femme
en 1911 à Honfleur
© Archives Vallotton Lausanne
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Bien sûr les portraits se prêtent plus facilement à son esprit ironique, par exemple lorsqu'il coiffe du dernier chic les personnages historiques et mythologiques ou pour les nus où les femmes montrent leur corps dans toute leur nature dans un environnement stylisé.
Il est vrai que Vallotton, est aussi un grand admirateur de Holbein, de Dürer, de Cranach ou d'Ingres. Ses tableaux sont souvent marqués d'allusions ou de messages ambigus, dans une oeuvre à la fois froide, critique, distanciée et parfois mystérieuse, qui intrigue le spectateur et qui font apparaître des éléments formels qui deviendront plus tard des éléments déterminants dans la peinture surréaliste.
Voir dossier Félix Vallotton
Kunsthaus -Zurich
(LMDA)
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exposition
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exposition
Musée de la Marine
Paris
Mathurin Méheut
Du 27 février au 30 juin 2013

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cinéma
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cinéma
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théâtre
Voyage
au bout de la nuit d'après
Louis- Ferdinand Céline
Mise en scène
Françoise Petit
avec
Jean-François Balmer
Théâtre de l'Oeuvre 55, Rue de Clichy
Paris - 75009
Jusqu'au 24 mars 2013
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